Économie, soldes, commerces dans le Jura : on fait le point

L’année débute avec ses traditionnelles soldes et autres bonnes affaires à réaliser auprès des commerçants qui en profitent pour écouler leur stock. L’année 2021 a-t-elle apporté un nouveau souffle aux professionnels éprouvés par la crise ? Comment se prépare cette année 2022 ? Quelques éléments de réponse...

0
196
Les soldes boudées mais une année économique en demi-teinte dans le Jura, avec une volonté de dynamiser le commerce. Comme ici, sous les célèbres arcades lédoniennes.

Les soldes se sont terminées et il est temps de dresser le bilan. « Il faut bien l’admettre, les soldes sont en perte de vitesse, concède Michel Drornier, président de l’Union Commerciale Départementale du Jura. On assiste à une mutation des promotions en cours et surtout, nous souffrons d’un manque d’annonces pour sensibiliser les consommateurs ». Pourtant, les soldes, c’est pour tout le monde pareil en France : du 12 janvier au 8 février, soit 4 semaines de rabais.
Cette période est pourtant primordiale pour la bonne santé du commerce : « Les stocks à écouler sont importants, ajoute Michel Drornier. La période des soldes est nécessaire pour permettre aux commerçants de les écouler afin de préparer au mieux la nouvelle saison qui s’annonce. Mais pour que cela fonctionne, il faut communiquer, redonner aux rues l’ambiance des soldes. Il faut aujourd’hui faire le maximum pour obtenir le minimum ».

La période des soldes a souffert d’un climat général anxiogène

Un climat anxiogène

Pour ce faire, il faudrait une émulation certaine des commerces et le président de l’UCD déplore le manque d’associations commerçantes au cœur de Lons-le-Saunier : « Cela fait deux ou trois ans qu’il n’y en a plus et cela est problématique pour la bonne dynamique du centre-ville ». Autre point important que tient à souligner Michel Dronier : le climat anxiogène actuel qui ne facilite pas l’achat passion.
« Les consommateurs se rendent dans leurs commerces pour acheter l’essentiel, nous ne sommes pas dans une conjoncture d’achat plaisir. Outre la crise sanitaire, il y a également les manifestations anti-pass du samedi qui plombent l’ambiance générale, et le chiffre d’affaires. Par crainte, les gens ne se déplacent plus au centre-ville pour faire du shopping. Il est vraiment temps que cela cesse ! Imaginez un peu, nous avons enchaîné les gilets jaunes, la crise sanitaire et maintenant les manifestations anti-pass ! Nous aspirons à un peu de tranquillité le samedi dans nos rues ! ».
Bien que le bilan semble pessimiste, Michel Drornier nuance le propos : « Les fêtes de fin d’année se sont plutôt bien déroulées dans le Jura et nous avons assisté à une hausse de fréquentation des petits commerces post confinement. Au final, l’année 2021 n’a pas été aussi mauvaise qu’on pourrait le croire ! Les plus pénalisés sont les professionnels de l’hôtellerie-restauration ».

 

Ce qu’en pense Patrick Franchini, président de l’UMIH39

Patrick Franchini, Président de l’UMIH39

« Nous dressons un bilan très mitigé de cette année 2021. Les établissements ont été fermés jusqu’à fin mai 2021 et n’ont pu rouvrir que par étapes. D’abord les terrasses, avec jauges, puis définitivement mi-juin. L’année a donc été bien amputée ! Des restaurateurs ont toutefois mis en place des plats à emporter, ce qui a permis de rencontrer une nouvelle clientèle, surtout le week-end. La réouverture a vu un nombre important de clients en mal de restauration se rendre dans les établissements. L’été avait donc bien commencé jusqu’à l’instauration du pass sanitaire qui a remis un coup de frein à l’activité. Puis, en décembre, les annulations de séminaires et repas d’entreprises ont largement rogné le chiffre d’affaires des restaurateurs. Mêmes conséquences avec le télétravail : les employés déjeunent désormais chez eux. Et si cela ne suffisait pas, le pass vaccinal entre en vigueur, créant à nouveau un ralentissement certain de l’activité. Nous n’avons jamais vu ça en 20 ans ! Le moral est en baisse, l’angoisse pointe le bout de son nez. D’autant que viennent s’ajouter des difficultés de recrutement ! Nous savons aujourd’hui que nous allons devoir vivre avec le virus mais ce qui inquiète les professionnels aujourd’hui, c’est le remboursement prochain des prêts PGE*. Nous devons rester vigilants face à ces nouvelles difficultés qui risquent de causer des dégâts ».

*PGE : prêt garanti par l’Etat. Les remboursements débuteront en 2022 (16% des entreprises bénéficiaires l’ont déjà intégralement remboursé)