Du Jura, où arriverions-nous en passant par le centre de la Terre ?

Imaginons… (qui ne l’a jamais fait d’ailleurs ?) que nous pouvions percer la Terre en passant par son centre depuis Dole ou Lons-le-Saunier, où arriverions-nous ? En Chine ? En Australie ? Hummm… et bien, la réponse se trouve à environ 12 800 kilomètres sous nos pieds.

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Avec les photos, on se croirait presque sur une autre planète ! Crédit : Jason Blair.

On le sait tous, la Terre est plutôt ronde (quoique, pour certains, ce n’est pas encore évident…). Par conséquent, il existe forcément un antipode à chaque ville et village. Au risque d’en décevoir beaucoup, chaque point précis du département du Jura, de la Franche-Comté même, mène à une seule réalité : le Pacifique.

Si nous pouvions percer la planète, nous arriverions tous de l’autre côté du monde dans l’océan, nageant probablement au milieu des poissons pour remonter à la surface. Pour rejoindre les terres les plus proches, il vous faudrait nager entre 380 et 480 kilomètres (tout dépend d’où vous vous trouvez dans le département, ceux au sud étant plus proches que ceux au nord). Et là, vous apercevriez les îles Chatham.

« The Gap Sanctuary », côte sud de l’île Chatham. Crédit : Jason Blair.

Notre curiosité étant ce qu’elle est, notre premier réflexe a donc été de jeter un œil sur Internet, pour trouver des photographies de ces îles. Et là, surprise ! Des grands espaces naturels et des paysages magnifiques. Il faut dire que seulement 700 personnes vivent isolées sur ces îles néo-zélandaises, vraiment perdues au milieu du Pacifique.

Pendant près de deux mois, nous avons donc échangé par mail avec Jackie, une habitante de l’île principale, qui a gentiment accepté de nous la faire virtuellement visiter… non sans difficulté, puisque quand il est 12h00 ici, il est 23h45 là-bas. Il n’y a donc pas tout à fait 12h00 de décalage horaire (on peut trouver 12h00 de décalage horaire entre la Franche-Comté et Bora-Bora par exemple : 6h00 ici = 18h00 là-bas).

 

« Half a world away »*

À environ 800 kilomètres au large de la côte est de la Nouvelle-Zélande, la ville principale de l’île, Waitangi, est à l’antipode précisément d’Alzon, dans le Gard. Un panneau indique même que les deux localités sont situées à 12 800 kilomètres l’une de l’autre.

Un panneau indique même que les deux localités sont situées à 12 800 kilomètres l’une de l’autre. DR.

L’archipel des îles Chatham, composé de près de 25 îles, est riche d’une biodiversité précieuse. Des plantes et des oiseaux rares y sont préservés, avec pas moins de 18 espèces animales uniques vivant sur ces îles. « Les îles Chatham jouent un rôle modeste, mais important en matière de protection de l’environnement à l’échelle internationale. Un certain nombre d’espèces ont été sauvées d’une quasi-extinction, notamment le merle noir et le taïko », confie Jackie.

Un cormoran sur l’île Pitt. Crédit : Jason Blair.

Le premier endroit au monde

« Le mont Hakepa, sur l’île Pitt, est le premier endroit au monde à accueillir le jour », poursuit notre interlocutrice néo-zélandaise. La ligne de dépassement de jour est effectivement assez proche.

Le mont Hakepa, sur l’île Pitt. Crédit : Jason Blair.

Une histoire mouvementée

Les îles Chatham ont connu une histoire longue et mouvementée. « Il y a plus de 800 ans, les ancêtres polynésiens du peuple Moriori » s’y sont installés, développe Jackie. Ils vécurent en paix pendant très longtemps.

En 1791, les Britanniques mirent leur grain de sel. Bien qu’étant déjà habitées par les Moriori, les îles furent revendiquées par le lieutenant Broughton au nom du roi Georges III. L’île principale fut ainsi baptisée Chatham, en référence à son bateau ; le HMS Chatham. Au début du XIXe siècle, des colons européens arrivèrent.

Dans les années 1830, le navigateur français Jean Bart vint visiter les îles Chatham.

 

Dépaysement assuré !

Le voyage, c’est également le dépaysement. De la lave déposée il y a des millions d’années, des colonnes de basalte et d’autres formations géologiques attirent chaque année des touristes. Avec les photos, on se croirait presque sur une autre planète !

Des cormorans sur l’île Chatham. Crédit : Jason Blair.

Très isolées, ces îles restent toutefois peu visitées, bien qu’accessibles assez facilement en avion. Jackie nous confie qu’il y a environ 2000 visiteurs par an. Pour encourager et gérer le développement touristique, « Tourism Chatham Islands » a récemment été créé.

La plupart des habitants ne vivent donc pas du tourisme, mais plutôt de la pêche et de l’agriculture. Les fruits de mer y sont, paraît-il, d’une qualité remarquable.

Colonnes de basalte. On dirait presque la Chaussée des Géants en Irlande ! Crédit : Jason Blair.

Et oui, on oublie quelquefois en se couchant le soir dans son lit, que sous nos pieds, le jour se lève à l’autre bout du monde*.

Pour plus d’informations : www.chathamislands.co.nz

 

L’idée folle de la rédaction

Envie de faire une demande en mariage originale ? Et si vous calculiez l’antipode exact du lieu de votre premier rendez-vous ou de votre premier baiser. Là-bas, sur un bateau, au milieu du Pacifique, vous pourriez lui demander sa main. N’est-ce pas romantique ?