Dossier de la semaine. Les conditions d’études au cœur de la mobilisation lycéenne

Effectifs, emplois du temps, enseignants, bâtiments, Parcoursup… Dans le Jura, les lycéens mobilisés mettent plusieurs sujets sur la table.

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À Lons-le-Saunier, les lycéens ont porté leurs revendications jusqu'à la préfecture.

« Nous sommes des lycéens, pas des robots. » À Lons-le-Saunier, la formule résume une partie des revendications exprimées par les élèves du lycée Jean-Michel. Au cœur de leur discours : les conditions d’études. Classes chargées, journées pouvant aller de 8 heures à 18 heures, emplois du temps déséquilibrés ou locaux jugés inadaptés figurent parmi les difficultés qu’ils mettent en avant.

Les effectifs reviennent notamment dans les témoignages. À Jean-Michel, des élèves évoquent jusqu’à 36 élèves en classe entière et davantage dans certaines options. Ils pointent également les absences d’enseignants. « L’année dernière, on avait des profs de français qui étaient absents pendant deux mois alors qu’on avait le bac à la fin de l’année », témoigne une élève.

Derrière ces exemples locaux, les jeunes disent aussi regarder ce qui se passe dans d’autres établissements. « On ne se mobilise pas tant pour nous, mais plutôt parce qu’on soutient les autres lycées », expliquaient des terminales rencontrés à Lons, conscients que leurs conditions ne sont pas les pires. Et cette mobilisation a concerné d’autres établissements jurassiens à différents degrés, comme à Dole et Champagnole depuis la fin septembre.

Parcoursup cristallise aussi les interrogations

Au-delà du quotidien dans les établissements, Parcoursup occupe une place importante dans leurs revendications. Les lycéens ne réduisent pas la plateforme à un algorithme : dans leur prise de parole, ils rappellent eux-mêmes que les dossiers sont examinés par les formations. Ils interrogent cependant les critères de sélection et les capacités d’accueil. « Notre avenir ne devrait pas être réduit à une ligne dans un classement », avancent-ils.

Le mouvement se voulait pacifiste selon les adolescents. Lors d’une prise de parole, ils ont demandé à plusieurs reprises de ne pas utiliser de pétards. « Nous voulons porter ces revendications de manière calme, responsable et pacifique », avaient-ils également affirmé.

Le mouvement s’est aussi décliné hors du Jura. À Bellignat, dans l’Ain, quelques débordements ont été signalés autour du lycée avant un retour au calme dans la matinée, selon la maire. Une expérience similaire à la jurassienne.

Plusieurs réponses face à cette mobilisation

Les mobilisations ont pris des formes différentes selon les lieux. Plusieurs interpellations ont eu lieu lors des différentes manifestations, malgré la demande spécifique de ne pas faire usage de la violence ou de pétards.

Face au mouvement, le gouvernement a annoncé une demi-journée consacrée au dialogue dans les lycées. Il a également évoqué de possibles corrections de Parcoursup. Dans le même temps, il a condamné les violences survenues en marge de certaines manifestations et réfuté toute instruction politique de “répression policière”.

À Lons-le-Saunier, une délégation d’élèves a également été reçue à la préfecture pour présenter ses demandes. Au-delà des blocages et manifestations, les lycéens rencontrés résument ainsi le sens qu’ils donnent à leur mobilisation : « Notre travail mérite de bonnes conditions. Notre orientation mérite de la transparence et nos paroles méritent d’être entendues. »