Dossier de la semaine. Défendre le savoir-faire malgré des allées plus calmes

Au Salon International de l’Agriculture, les stands jurassiens défendent leur savoir-faire malgré des allées plus calmes.

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stands jurassiens au Salon de l’Agriculture
Le comté reste la valeur sûre du stand jurassien, décliné en plusieurs affinages.

Au Salon International de l’Agriculture, les stands jurassiens ne passent pas inaperçus. Bouteilles alignées. Meules soigneusement découpées. Saucisses suspendues. Pots de miel dorés sous les projecteurs. L’envie est là. La fierté aussi.

Pourtant, les allées sonnent creux par moments. Les regards se croisent. Les exposants comptent. Ils observent. Ils comparent avec les années fastes.

“Ça a commencé petitement”, raconte Dany Primot, de la fruitière vinicole d’Arbois. Samedi, beaucoup de jeunes. “Ils viennent s’enivrer.” Puis le calme. Trop de calme. “Aujourd’hui, il n’y a personne.” Pourtant elle signe sa 34e participation et connaît le rythme du Salon. Cette année, quelque chose cloche. “Il n’y a pas les vaches. C’est très attractif d’habitude.” Les vacances d’hiver et la neige n’arrangent rien. “Je ne le sentais pas du tout au départ.” Elle espère encore un sursaut lors du prochain week-end.

Des stands à rentabiliser

Sur le stand, le discours est rodé. Faire goûter. Expliquer. Convaincre. Mais surtout vendre en volume. “Vendre une bouteille, ce n’est pas notre rôle. Il faut des commandes”, insiste Dany Primot. Le coût du stand pèse lourd. Transport, hébergement, logistique. Chaque journée doit compter. Chaque contact peut déboucher sur un client professionnel.

Chez Premier Plateau, même vigilance. Maxence Goudey parle d’un salon “très calme. Trop calme”. L’équipe garde le sourire. Mais les calculs tournent dans les têtes. “On ne va pas faire des bénéfices. On veut au moins rentrer dans nos frais.” Les visiteurs sont variés. Des fidèles. Des curieux. Des flâneurs. “Il y a de tout”, résume-t-il. Certains achètent. D’autres goûtent et poursuivent leur route. L’essentiel reste de maintenir la visibilité de la marque.

Même constat nuancé chez Juraflore. Présente pour la deuxième année aux côtés du département, l’entreprise met en avant sa fondue et l’ensemble de sa gamme. “On accompagne le Jura dans ses efforts d’attractivité. C’est important de faire rayonner notre département”, souligne Franck Arnaud, responsable de projet en innovation. Malgré une affluence en léger recul sur les premiers jours, il insiste sur la portée de l’événement : “Il y a peut-être un peu moins de monde que l’an dernier, mais le Salon reste un rendez-vous incontournable pour valoriser notre filière.”

La force du contact

À quelques mètres, Julien Compagnon défend son miel jurassien. “Les allées sont relativement vides. C’est rare ici.” Il mise sur la dégustation. Il interpelle. Il explique. Le miel de sapin intrigue. “C’est notre vente numéro un. Il est très rare.” Les visiteurs découvrent un produit issu du miellat des sapins du massif jurassien. Beaucoup repartent avec un pot. La pédagogie crée la confiance.

Pour Léa Caron, de Monts et Terroirs à Poligny, le regard est plus nuancé, puisque c’est leur première participation. “On a eu pas mal de trafic. On a échangé avec les familles.” L’objectif dépasse la vente immédiate. “On est là pour se faire connaître.” Le comté reste la star. Les deux affinages séduisent. Les formats à picorer plaisent aux passants.

Un dégât des eaux nocturne a même renforcé les liens. Bâches en plastique. Seaux alignés. Voisins solidaires. “Je retiendrai la convivialité et l’entraide”, confie Léa Caron. Malgré les doutes, le Jura tient sa place à Paris avec détermination et la volonté affirmée de défendre son terroir, même dans un contexte incertain.