Commerce : un début d’année 2022 mi figue-mi raisin

Selon la Fédération pour la promotion du commerce spécialisé (Procos), incertitudes sanitaires et coûts d’exploitation prennent les commerçants en étau.

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Selon une étude publiée début février par Procos, la fédération explique que : « L’année 2022 sera très impactée par l’augmentation des coûts d’approvisionnement dans tous les secteurs du commerce. Quels que soient les secteurs, le cumul des augmentations des prix des produits et ceux des transports impactera fortement celle des approvisionnements. En effet, les fournisseurs du commerce connaissent des augmentations des matières premières et des composants ». Toute la question est de savoir quelle part de ces augmentations les fournisseurs répercuteront aux entreprises du commerce.

Des marges compressées

La structure actuelle du commerce, la concurrence d’internet, l’existence d’acteurs mondiaux puissants tels qu’Amazon, la sensibilité des consommateurs au prix dans une période d’augmentation plus rapide que celle des salaires, ne permettront évidemment pas aux commerçants de mettre la totalité des augmentations des coûts d’achat et de transport dans les prix de vente aux consommateurs. Une augmentation trop forte des prix entraînerait en effet de trop grosses conséquences sur les volumes de vente. Le cas de l’alimentaire est au cœur de toutes les attentions compte tenu de l’impact sur le coût de la vie des ménages. Les distributeurs, compte tenu des risques sur la fréquentation des points de vente cherchent par tous les moyens à ne pas répercuter l’intégralité des hausses sur le panier des consommateurs. Les commerçants devront aussi comprimer leurs marges en 2022.

Une augmentation des coûts immobiliers

Alors que les chiffres d’affaires magasins subissent de fortes baisses, les mécanismes d’augmentation des loyers à travers l’indexation, connaissent au contraire une accélération inquiétante à la hausse. L’indice des loyers commerciaux (ILC) qui sert à l’indexation des loyers de commerce au 1er trimestre 2022 est de + 2,5 %, et celui du second semestre connaît un accroissement de + 3,46 %. En cause entre autres, l’accélération de la transformation omnicanale avec une augmentation rapide du poids des ventes internet qui est passé de 9,5 % en 2019 à 13,4 % en 2020 et 15 % en 2021 (estimation Fevad).

Des limites au taux de transformation

La décroissance moins rapide des chiffres d’affaires par rapport à la fréquentation résulte de deux phénomènes qui auront leur limite : l’augmentation du taux de transformation (% de clients qui achètent par rapport au nombre d’entrées) et l’augmentation du panier moyen. La limite sera atteinte notamment pas la réduction de la capacité pour les commerçants de réduire leur marge pour accroître le taux de transformation. Par ailleurs, ces évolutions ne tiennent pas compte de celles des charges locatives. Or, celles-ci suivront les évolutions des prix, en particulier ceux de l’énergie qui augmenteront fortement en 2022. Et, chacun sait que la très grande partie est refacturée aux locataires.

Des commerces plus petits ?

Procos alerte : « Cet éloignement croissant entre les évolutions des coûts immobiliers par rapport aux évolutions des chiffres d’affaires des points de vente ne pourra être durablement supporté. Ceci d’autant que l’ILC n’est pas significatif de la réalité de l’accroissement des loyers. En effet, la politique de nombreuses foncières lors du renouvellement des baux, aussi bien en centres commerciaux que dans les principales rues marchandes des grandes villes reste celle de tenter d’augmenter sensiblement le loyer. Il n’est pas rare, même dans la période actuelle de Covid, que les offres de renouvellement soient proposées à + 30 ou + 40 % ». Le commerce devra, par voie de conséquence, écraser sensiblement ses coûts immobiliers, soit en fermant des points de vente, soit en réduisant les formats.

La rédaction