Commerce : des assises pour se réinventer

Les commerçants esquissent les contours du secteur à l’horizon 2030, des contours où la concurrence déloyale du e-commerce fait un peu tache.

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Contrairement à l’industrie, jamais le commerce n’avait jusque là eu l’honneur d’un grand raout impulsé au sommet de l’Etat. Objectifs : esquisser les contours d’une vision à l’horizon 2030, et également programmer les investissements nécessaires à sa survie et son développement. De lourds investissements à prévoir, car quand une chaine de grande distribution impute environ 2% de son chiffre d’affaires chaque année aux investissements, Amazon lui monte à 9% (soit 50 milliards de dollars en 2021). Depuis le 1e décembre, et durant pas moins de trois semaines, les commerçants vont cogiter sur quatre thématiques d’avenir : les modes de consommation et leurs évolutions (sous la houlette de Jean-Paul Mochet, le patron de Franprix et Monoprix), la préservation du commerce dans les territoires (sous la houlette de Laurence Paganini, la présidente de Procos, le syndicat du commerce spécialisé), l’équité entre les acteurs (sous couvert de Nathalie Balla, dirigeante de La Redoute), les ressources humaines (animé par Jérôme Nanty, le DRH de Carrefour). Parmi les sujets qui fâchent, pourrait aussi revenir sur le tapis la concurrence jugée déloyale entre e-commerce et commerce physique. Les grands centres commerciaux se voient couper les ailes par la loi Climat et Résilience, adoptée en août 2021 : elle instaure en effet ni plus ni moins qu’un principe général d’interdire la création de nouvelles grandes surfaces commerciales (plus de 10.000, voire plus de 3.000 m2), l’objectif étant de préserver les sols de l’artificialisation. La loi a hélas ‘oublié’ d’inclure les entrepôts dans ses vertueux objectifs, à l’heure où ceux-ci poussent comme des champignons.

Deux poids, deux mesures ?

Autre pierre d’achoppement avec le e-commerce, la Tascom : derrière ce nom barbare se cache une taxe visant certains commerces physiques (surface de vente au détail de plus de 400 m², et réalisant un chiffre d’affaires hors taxe à partir de 460 000 €) à laquelle échappe une nouvelle fois les géants du e-commerce. Deux poids et deux mesures ? On pourrait sans mauvais esprit être tenté de le croire, mais la loi de finances 2022 projette de redresser un peu le tir, et d’inclure les géants du e-commerce dans le champ d’application de cette Tascom. Les commerçants physiques s’insurgent surtout contre l’impunité des géants du e-commerce : grâce à l’optimisation fiscale (filiale au Luxembourg) Amazon a ainsi réalisé 44 milliards d’euros de ventes en 2020, pour 0 impôt sur les sociétés… Les conclusions des assises du commerce devraient être rendues en janvier au président de la République. Malgré l’hétérogénéité du secteur (de la grande distribution à l’épicerie de quartier…), elles devraient permettre d’y voir un peu plus clair…

La rédaction

Des chèques cadeaux de Noël pour booster le commerce

C’est un geste qui fait plaisir à plus de 7 millions de salariés chaque année : les chèques-cadeaux distribués à Noël, en particulier par les Comités sociaux et économiques (CSE). Selon le ministère de l’économie et des finances, « Pour être exonérés de cotisation et de contribution de sécurité sociale, les chèques-cadeaux doivent être d’un montant inférieur à 171,40 euros. Du fait de la prolongation des mesures sanitaires qui ont de nouveau affecté l’activité des CSE au cours de l’année 2021, ce plafond sera exceptionnellement relevé à 250 euros ». Une mesure similaire avait déjà été prise en 2020 : « D’après les émetteurs de chèques-cadeaux, cette mesure, prise début décembre 2020, avait conduit à la distribution de 150 millions d’euros de chèques-cadeaux supplémentaires qui sont venus s’ajouter aux 1,2 milliards d’euros de chèques-cadeaux distribués chaque année » précise le Ministère.