Champagnole et région. Clément Pernot : « Il faut un plan Marshall agricole »

Fin avril, le gel frappait les vignes. La plupart des professionnels ont perdu 80 % de leur future récolte. Le sénateur, Clément Pernot, a interpellé le gouvernement sur les « déboires des agriculteurs jurassiens ».

0
2332
Clément Pernot est intervenu au sénat sur le gel qui a frappé le vignoble jurassien.

« Pour soulager nos vignerons, il faut bien sûr des exonérations fiscales et sociales à court terme, mais ces phénomènes de gel sont trop consécutifs pour parler d’aléas : c’est la conséquence d’une évolution climatique qui entraine des floraisons trop précoces, percutées par le gel. Les viticulteurs jurassiens sont touchés dans leur chair. Les anciens s’interrogent sur leur succession ; les jeunes, endettés, sur leur avenir. Tous sont pessimistes », a témoigné l’élu, qui indique que, dans le même temps, les prévisions concernant la ressource en eau sur la montagne jurassienne sont apocalyptiques, ce qui menace sa filière d’excellence, le comté.

Toute l’agriculture en péril à moyen terme

« Autre malheur : la forêt du massif jurassien est gravement malade. C’est toute l’agriculture du Jura qui est en péril à moyen terme. Au nom de tous les agriculteurs, de la vigne, des champs et de la forêt, je vous implore d’agir, pour que nous cessions de subir. D’autres terroirs connaissent les mêmes déboires. C’est pourquoi il faut un plan Marshall agricole au niveau national, à décliner à l’échelle départementale. Il ne devra pas être le réceptacle de délires écologiques militants, mais porter des solutions adaptées », a conclu l’élu, précisant que le président du conseil départemental du Jura est prêt à accompagner le gouvernement dans cette démarche.

« Construire des projets de long terme, territoire par territoire »

Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, a répondu qu’elle adressait tout son soutien aux agriculteurs du Jura, au nom du ministre de l’agriculture, retenu à l’Assemblée nationale. « Le gouvernement se tiendra à leur côté. Notre agriculture, notre viticulture sont frappées de plein fouet par le dérèglement climatique, dont notre politique agricole doit tenir compte. Le gouvernement répond présent : 1,3 milliard d’euros en soutien à la transition agroécologique ; 1,3 milliard d’euros également pour les viticulteurs. Nous devons aussi construire des projets de long terme, territoire par territoire, en anticipant l’impact du dérèglement climatique sur la ressource en eau, afin de proposer des solutions, aux jeunes agriculteurs en particulier. Les Pyrénées-Orientales, frappés par la sécheresse, sont le laboratoire de notre plan Méditerranée, doté de 50 millions d’euros. Nous mènerons cette approche, territoire par territoire, culture par culture, en tendant la main aux organisations professionnelles agricoles. »