Champagnole. Face au manque de neige, le nordique s’adapte

À Champagnole et sur les hauteurs jurassiennes, l’enneigement plus irrégulier pousse l’Espace nordique jurassien et les collectivités à adapter leurs pratiques afin de préserver l’attractivité du territoire chaque hiver.

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Ski Nordique dans le Jura
Le jura : Paradis du ski nordique. Crédit photo : Colin SAMUELS.

À Champagnole, l’hiver ne descend plus toujours jusqu’en ville. Les pelouses restent vertes. Les sommets, eux, blanchissent encore. Mais moins longtemps. Et moins régulièrement. Face à ce constat, les acteurs nordiques du territoire s’organisent.

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Carole Maréchal, directrice de l’Espace nordique jurassien, assume la réalité. « Le manque de neige est potentiel. On le sait avec le réchauffement climatique et l’augmentation des températures. » Pas question pourtant de céder au fatalisme. « Il ne faut pas se dire : il n’y a plus de neige, les gens ne viendront plus. Ce n’est pas ça. »

À 30 minutes de Champagnole, les domaines d’altitude conservent un enneigement suffisant une partie de l’hiver. Et les professionnels ajustent leurs pratiques. Damage optimisé, conservation du manteau neigeux, ouverture partielle mais ciblée des pistes. « Nous avons la chance d’avoir des équipes qui savent s’adapter. »

Diversifier pour continuer d’attirer

Les habitudes changent. Les clients aussi. « Il y a une évolution de la clientèle. Les gens veulent faire moins de kilomètres. » Une réalité que le territoire intègre. L’offre nordique ne repose plus uniquement sur le ski de fond.

La raquette séduit un public plus large. Les familles cherchent des sorties courtes, accessibles. « On reste des stations familiales. Les gens viennent prendre une bouffée d’oxygène. » En une demi-heure depuis Champagnole, ils peuvent rejoindre les pistes et rentrer le soir.

Quand la neige manque, les animations prennent le relais. Marchés de Noël, patinoire, visites de fromageries, musées, espaces bien-être. « On ne vient plus seulement pour une semaine de ski. On vient vivre autre chose. » L’hiver devient pluriel.

Miser sur l’information et la jeunesse

Dans un contexte incertain, l’information est stratégique. Webcams, bulletins neige, réseaux sociaux sont devenus incontournables. « Les gens cherchent une information vraie. Ils veulent voir avant de venir. » Une photo en altitude peut déclencher une décision de dernière minute.

Les événements jouent aussi un rôle moteur. TransJeune, compétitions, rassemblements. « Quand on voit 1 600 jeunes sur les skis, on comprend que la neige est là. » Même si les parcours doivent parfois être adaptés.

Le Département soutient cette dynamique avec le dispositif “Sixièmes à la neige”. Chaque année, des collégiens jurassiens découvrent le ski nordique. « L’idée, c’est que tous les enfants puissent mettre les pieds dans la neige au moins une fois. » Un investissement sur l’avenir.