Carnassiers : une affluence record pour l’ouverture

Brochets, sandres, perches ont été très courtisés lors de l’ouverture des lacs jurassiens le 28 mai.

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Les lacs du Jura attirent des amateurs de poissons trophées, comme cet énorme brochet. Photo : Fabien Millet.

« Plus de 1.000 embarcations mises à l’eau à Vouglans » : selon Roland Brunet, président de la fédération de pêche du Jura, l’ouverture de la pêche aux carnassiers a connu un franc succès le 28 mai dernier. En cause, un « spot » dont les 35 kilomètres de long drainent des aficionados de (fort) longe, favorisés également par le pont de l’Ascension tombé à point nommé : « les pêcheurs venus de l’Ain, la Côte d’Or , le Rhône et autres départements extérieurs représentent 40% de nos pêcheurs aux carnassiers » circonstancie l’heureux président ; mais le plus spectaculaire reste sans doute le défilé de barques dans la rue principale de Bletterans le jour de l’ouverture, tant que les pêcheurs de Saône et Loire apprécient le Jura.
Résultat : cela s’est un peu bousculé au portillon lors des mises à l’eau, et il a fallu s’armer de patience pour attendre son tour (2 ou 3 heures parfois). Consciente de cet engouement, la fédération de pêche du Jura avait anticipé leur arrivée en ouvrant exceptionnellement une rampe de mise à l’eau à côté du pont de la Pyle, et du bateau de croisière « Le Louisiane ». Une mesure d’urgence pour pallier également à un niveau du lac artificiel particulièrement bas, rendant d’autres spots de mises à l’eau inopérants (lire encadré).

Une ouverture tardive pour protéger la ressource

Si Vouglans remporte la palme de nombreux pêcheurs, Thoirette n’est pas en reste depuis le 30 avril : premier lac du Jura à ouvrir (car étant à cheval sur la frontière, avec une rive dans l’Ain et l’autre dans le Jura ), il se classe aussi premier spot pour les poissons trophées, avec encore un brochet de 1,20 mètre sorti des eaux dernièrement… Les autres lacs du Jura auraient eux aussi pu ouvrir ce 30 avril, mais Roland Brunet s’en explique : « La Fédération de pêche du Jura s’est battue au plan national pour différer l’ouverture d’un mois…/… Notre département possède des eaux froides, et le frai des carnassiers n’est pas terminé en avril ».
Il s’agissait donc de protéger la ressource halieutique pour ne pas capturer des poissons perturbés par leur reproduction, comme « le sandre qui attaque tout ce qui bouge quand un leurre approche du nid ».
Le succès de la pêche aux carnassiers tient aussi selon le président Brunet dans une bascule des modes de pêche : « Les pêcheurs à la truite se tournent vers les lacs, du fait des problèmes affectant les rivières de première catégorie : manque de débit, thermie excessive , pollutions.. ». Ce qui aussi explique le succès, toujours aussi prégnant, de la pêche aux corégones sur les lacs du Val et de Chalain, où 2, 3, 4 prises par jour par pêcheur ne sont pas rares… Une évolution qui fait la part belle à la technologie, avec certains leurres (poissons nageurs japonais) dépassant les 100 € l’unité ! La passion n’a pas de prix… du fait des problèmes affectant les rivières de première catégorie : manque de débit, thermie excessive, pollutions.. ».

 

La rédaction

Outre le brochet, le sandre est particulièrement recherché par les pêcheurs en lacs. Photo : Fabien Millet.

Vouglans à marée basse

Les années se suivent et se ressemblent hélas. Victime du dérèglement climatique, le 3e plus grand lac artificiel de France voit sa cote fondre comme neige au soleil. De ce fait, « certaines petites mises à l’eau utilisées par les locaux ne seront plus fonctionnelles » confirme Fabien Millet, chargé de développement à la Fédération de pêche du Jura.
Certains locaux ont donc certainement mis leurs embarquements à l’eau avant le jour J pour éviter les bouchons. La baisse de la cote postérieure à la période de reproduction des carnassiers a également produit des dommages selon lui : « des frayères ont été exondées », avec des conséquences encore non connues sur les alevins de l’année.