Bon sens ne saurait mentir

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Gérard Bouvier.

Freluquet, coquecigrue, turlupin, rodomont, salmigondis et tout le saint-frusquin…Voilà de vieux mots que nos dictionnaires toujours pudiques qualifient de désuets. Plus près de nous -parce que comtois- la ligousse, le linge du mois, les niflets, les traîne-la-gaine et les cuderies sont bien déniapés et vont tantôt sauter les piquets.

Mais si les mots vieillissent, les expressions en font tout autant. C’est bien dommage car elles n’ont pas démérité et elles pourraient enluminer de leur bon sens les évènements qui nous accompagnent.

J’ai cherché parmi les dictons et proverbes oubliés et dont le pronostic vital est réservé ceux qui, parce qu’ils sont truculents et adaptés à notre époque, mériteraient une réanimation.

Ainsi, on disait : « À laver la tête d’un âne, on perd son temps et son savon ». C’est que pour des raisons indéfendables cette pauvre bête si courageuse et robuste était donnée comme un exemple de sottise. Ce dicton nous avertissait que l’éducation d’une bourrique était une mission perdue d’avance.

Au XVIIème siècle on disait « Qui se sent galeux se gratte » ou son équivalent ORL « Qui se sent morveux se mouche ». C’est bien vrai que certains gestes font à la fois le diagnostic et le traitement.

J’aime aussi : « Il n’y a pas de grand homme pour son valet de chambre ». L’adage explique bien que la proximité des grands de ce monde nous met le nez dans leurs défauts, penchants et faiblesses au point d’en renverser leur piédestal.

« Qui se couche avec des chiens se lève avec des puces » serait parfois bien utile pour rappeler -uniquement s’il en était besoin, naturellement- qu’il n’y a rien à gagner à certains rapprochements contre nature. Mais n’anticipons pas…