« Beaucoup de mes romans se passent en Bresse ou dans le Jura »

Françoise Henry vient de publier « « N’oubliez pas Marcelle » aux éditions du Rocher. Elle sera en dédicace à la librairie Guivelle à Lons-le-Saunier ce vendredi 20 octobre, à partir de 18 h.

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Françoise Henry, pouvez-vous retracer en quelques mots votre parcours d’écrivaine ?

 

J’ai commencé à écrire très tôt, toute petite, et d’abord publié des poèmes à l’âge de 20 ans. J’ai écrit ma maîtrise d’allemand sur R.M. Rilke. J’ai toujours écrit, même en exerçant mon deuxième métier de comédienne, et j’ai publié mon premier roman à l’âge de 38 ans. L’écriture m’a toujours accompagnée, aidée, c’est une grande amie. Fidèle j’espère.

 

Une grande partie de votre roman se passe dans notre région, pourquoi ?

 

Depuis mon enfance, nous passons toutes nos vacances à une quinzaine de kilomètres de Lons-le-Saunier, dans notre maison de famille. Ma mère est bressane, mon père bourguignon. Ils ont vécu jusqu’à la fin à Lons-le-Saunier, et ma sœur, peintre et illustratrice de N’oubliez pas Marcelle, y vit encore. Je suis très attachée à cette région, j’adore le Jura, ses hauts plateaux, les ombres des sapins sur les pentes, les lacs… C’est une beauté vaste, on ne s’y sent pas enfermé. La Bresse est pleine de charme, peu touristique… et d’autant plus attachante.

 

Pourquoi avoir écrit sur Marcelle ?

 

C’est une de ces personnes comme il y en a dans toutes les familles, discrète, aidante, toujours prête à rendre service… Je voulais lui rendre hommage. Je ne voulais pas qu’on l’oublie. On oublie souvent très vite ces personnes-là, dont on a pourtant eu tant besoin du temps de leur vie. Ce n’est pas juste.

 

Vous êtes-vous documentée sur elle ?

 

Pas plus qu’il ne fallait. J’avais mes propres souvenirs, et des choses qu’on m’avait racontées. Mais je voulais aussi que mon imagination me permette d’aller plus loin… plus à l’intérieur d’elle, pour essayer de comprendre ce qu’elle avait ressenti, pensé, vécu. C’est presque plus vrai, d’imaginer… Car on le fait par l’émotion et l’empathie, c’est comme une rencontre… Et c’est très précieux. Parfois, trop de documentation, avant de commencer à écrire, peut vous empêcher d’écrire. Vous alourdir. Il faut bondir dans l’écriture, s’y plonger, d’un seul souffle… et après, vous pouvez rajouter de la documentation. Mais l’essentiel est le souffle, l’avancée intérieure qui vous dicte les mots.

 

Vous avez publié 12 romans. Certains sont-ils liés à notre région ?

Bien sûr. Beaucoup se passent à la campagne, Bresse ou Jura… C’est ma source d’inspiration préférée ! Mon havre. À la campagne, les histoires se passent souvent de façon presque invisible au départ, puis ça éclate… et on n’en a que les échos. J’aime bien essayer de comprendre ce qui s’est vraiment passé, dans l’ombre, dans l’intimité. Ce qui s’est joué là.

 

Voulez-vous transmettre un message par vos écrits ?

Je n’ai pas la volonté de transmette un message, puisque pour moi, écrire c’est chercher. Sans cesse. Juste, peut-être : ne pas oublier ceux dont on ne parle pas. Les minuscules, les socialement à l’écart, les timides…

 

Un mot, pour nos lecteurs qui veulent se consacrer à l’écriture ?

Ecoutez vos émotions, soyez sincères, trouvez le mot juste.