Sur l’eau du Doubs, les générations rament côte à côte. À l’Aviron club dolois, Rémy Cardon, l’un des plus jeunes licenciés, et François Conrard, l’un des plus anciens, partagent la même passion. Deux âges, deux parcours, mais une même réalité : en aviron, on peut performer à tout âge.
Discret mais profondément ancré dans le paysage sportif local, l’aviron attire des profils variés. À l’Aviron club dolois, cette diversité s’incarne parfaitement à travers François Conrard. Retraité depuis neuf ans après 44 années passées à l’Office national des forêts, il n’a jamais cessé d’être actif. « J’ai toujours beaucoup marché, fait du vélo. Je suis mieux dehors que dedans », confie-t-il. L’aviron s’est imposé naturellement dans son quotidien, comme un prolongement de cette vie au grand air.
À l’autre bout de la génération, Rémy Cardon représente la relève du club. Élève en bac professionnel, il pratique l’aviron depuis sept ans, exclusivement à Dole. « J’ai découvert ce sport en regardant les championnats du monde à la télévision. Ça m’a plu, je suis venu au club en septembre et je ne suis jamais reparti. » Depuis, l’aviron rythme son emploi du temps, entre entraînements intensifs et compétitions nationales.
Un sport complet et accessible
Si leurs parcours diffèrent, les deux rameurs s’accordent sur les qualités de leur discipline. « C’est un sport très complet, sans choc pour le corps », souligne François Conrard. Bras, jambes, endurance : l’ensemble du corps est sollicité, mais chacun peut pratiquer à son rythme. Autre atout majeur, l’accessibilité matérielle. « Le matériel est fourni par le club. Il suffit d’une tenue de sport », rappelle-t-il.
Loin d’être uniquement physique, l’aviron est aussi un sport très technique. « Ce n’est pas un geste naturel », explique Rémy Cardon. Coordination, équilibre, précision : la moindre erreur se ressent immédiatement. « On ne peut pas penser à autre chose », ajoute-t-il. Cette exigence technique renforce la concentration et l’engagement, quelles que soient les conditions météo.
Performer à chaque étape de la vie
Pour Rémy, la performance passe par une préparation rigoureuse. En période de pointe, il peut enchaîner jusqu’à dix entraînements par semaine. « Tout est programmé pour être en forme le jour J », détaille celui qui a récemment été nommé ambassadeur sportif de la Ville de Dole, aux côtés de deux autres jeunes sportifs de haut-niveau.
François, lui, aborde autrement la performance. S’il s’entraîne à un rythme plus modéré, l’envie de progresser reste intacte. « Commencer plus tard, c’est parfois plus compliqué pour corriger les défauts, mais on compense avec la réflexion », explique-t-il.
En somme, l’âge importe peu. Sur l’eau, seule compte la régularité du geste et le plaisir de ramer. Une philosophie qui fait de l’aviron un sport où la performance se construit, et se vit, à tous les âges.


























