Jura. Arrivés à Dole en septembre dernier : qui sont les prêtres du doyenné ?

Leur appartenance à la communauté Saint-Martin dont la règle est le port de la soutane avait suscité quelques bruits, de l'appréhension, mais au-delà de l'habit, qui sont ces trois hommes de foi qui animent le doyenné de Dole? Rencontre

0
1487
Au centre : Don Christophe Granville accompagné de Don Charles Morio et Don Xavier CAMUS

Écouteurs sans fil à la main et l’allure décontractée, Don Charles Morio nous ouvre la porte de la cure de Dole rue Carondelet. C’est ici que Don Christophe Granville, curé de la collégiale et Don Xavier Camus, recteur du Mont Roland, ont posé leurs valises en septembre 2023 pour assurer l’animation du doyenné de Dole et ses 11 clochers. Une mission que les trois membres de la communauté Saint-Martin remplissent au service de Mgr Jean-Luc Garin, évêque du Jura. Mais finalement, c’est quoi être un Saint Martin ?

« Ce qui nous caractérise c’est la mobilité, les membres de notre communauté installés à Evron en Mayenne répondent aux besoins d’évêque pour remplir un ministère souvent par groupe de trois, dans une paroisse ou un sanctuaire » explique les membres de cette congrégation où l’on porte le titre de « Don » symbole des débuts italiens de la communauté à Gènes en 1976. « Vous connaissez sûrement Don Camillo? » sourit Don Charles, Aumônier des jeunes qui prépare la prêtrise et ajoute « nous entretenons des liens réguliers avec les autres membres. »
Il y a quelques jours tous les trois avaient conversé avec d’autres Saint-Martin officiants à Cuba « nous sommes environ 200 et servons 40 paroisses et sanctuaires en France, Allemagne et jusqu’à Cuba… »

Des prêtres bien dans leurs baskets !

Âgés de respectivement 31, 33 et 35 ans tous les trois apparaissent pleinement ancrés dans leur époque…

Avant les débuts de leur apostolat à Dole, les trois hommes avaient suscité l’interrogation, en particulier parce qu’ils portent la soutane, une caractéristique des Saint-Martin. « C’est normal que dans les premiers temps, certaines personnes se soient posées des questions, l’inconnu et la nouveauté sont toujours source d’appréhension, il faut apprendre à se connaître » concède volontiers les religieux. « C’était en pleine coupe du monde, on s’est dit on va organiser une soirée de retransmission, mais pour le coup on s’est planté, » ils s’étaient finalement rendus au manège de Brack.

« Nous ne sommes pas des gardiens du temps, l’église n’a pas vocation à se refermer sur elle-même, il faut être en sortie » explique Don Christophe, en reprenant les mots du Pape François.
« Il ne faut pas trop se regarder et vivre en cercle restreint, une église doit être un lieu de passage où tout le monde se rencontre, l’avantage à Dole c’est les gens se connaissent, les liens se construisent rapidement, l’image que l’on souhaite apporter est celle de prêtres bien dans leurs baskets, porteurs de la bonne nouvelle et finalement, ils sont sensibles à notre simplicité » relatent ils, sûrs que leur mission ne peut se faire sans l’aide de l’ensemble de la communauté catholique doloise et l’équipe synodale.
« On se réunit beaucoup pour préparer l’avenir, les choses se passent très bien et les projets ne manquent pas. »

Des parcours différents

Avant d’entrer au séminaire, les trois hommes issus de familles pratiquantes ont suivi des études différentes. Originaire de Vendée, Don Christophe se destinait un temps à la kinésithérapie, de son côté Don Charles, fils d’officier dans la marine avait suivi les cours d’une école d’ingénieur après le bac…

Comment redonner une visibilité religieuse au Mont Roland ?


Les affaires de la colline sacrée située sur le chemin de Compostelle sont sous la responsabilité de Don Xavier Camus, « ce qui me frappe c’est déjà l’attachement des dolois et grands dolois pour ce site, chaque week-end il y a beaucoup de passage, c’est un lieu de promenade apprécié, il faut s’appuyer là-dessus. »

Depuis 2014 et la fermeture d’un service de restauration et d’une boutique pour raison financière, le sanctuaire avait quelque peu perdu en vitalité, Don Xavier s’est fixé pour objectif de relancer la spiritualité sur place.

« Cela va nécessiter des travaux et forcément de l’argent mais que l’on rouvre petit à petit les services perdus : boutique, restaurant… Et que l’on renforce l’organisation d’événement comme le pèlerinage de Fatima. »

Futur presbytère

Les travaux dans le futur presbytère au 19 rue Mont Roland commenceront prochainement, une visite guidée y sera organisée par les prêtres le dimanche 7 avril à 17 heures.

E.S.