Champagnole. A la scierie du Vaudioux, on produit des composteurs

Le projet est né il y a un an et avec l’obligation de trier les biodéchets depuis le 1er janvier 2024, la production est en plein boom.

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Chloé Raillard présente les composteurs en bois fabriqués à la scierie.

A la scierie du Haut-Jura (Jacquemin-Mignotte) au Vaudioux, Chloé Raillard est responsable de l’atelier composteurs. « Le projet est né il y a un an pour valoriser les planches de bords, qui étaient auparavant envoyées pour faire des palettes », explique la professionnelle. Un petit atelier a été créé.

Or, depuis le 1er janvier 2024, tous les habitants sont censés avoir la possibilité de trier à la source leurs déchets organiques. Il n’y a pas d’obligation de compostage, mais plutôt une obligation pour les collectivités territoriales de mettre en place le tri à la source et la valorisation des biodéchets.

Cette obligation a fait exploser la demande à la scierie. « Beaucoup de collectivités recherchent des composteurs. » La scierie produit une cinquantaine de composteurs Juracub par jour et elle a sollicité l’Esat de Perrigny pour assembler également des composteurs.

« Nous avons imaginé ces composteurs avec les maitres composteurs du Sictom de Champagnole, explique Chloé Raillard. C’est plus écologique de les faire en bois. Et puis, j’ai testé ceux en bois et ceux en plastique. Je me rends compte qu’avec le bois, le compost est bien aéré, que c’est plus efficace. » L’intérêt est bien sûr aussi esthétique.

Les composteurs, livrés d’abord localement, partent maintenant dans toute la France : Thonon, Nyons, Lyon, au Sded 52 (syndicat départemental d’énergie et des déchets)…, mais aussi en Suisse.

Un particulier peut aussi venir à la scierie car les collectivités n’en proposent qu’un par foyer à la vente. Le tarif est plus élevé à la scierie. En effet, les collectivités prennent une partie du coup à leur charge. A la scierie, un composteur de 400 l (qui convient à un couple avec deux enfants) coûte 96 euros.

400, 600, 800 et 1 000 l

« Nous proposons quatre modèles : 400 l, 600 l, 800 l, 1 000 l. » La scierie reçoit aussi des demandes particulières. « Par exemple, on m’a demandé un 1 800 l et un 400 l avec une partie pour ranger les outils du jardin. Tout est modulable. »

La scierie peut aussi proposer du broyat à la vente en cas de besoin.

A l’atelier, une équipe de 4 personnes et demi rabote toutes les planches une par une, rainure les montants un par un… « Nous avons modernisé l’atelier pour produire plus vite et répondre aux attentes du marché. »

Avec son fournisseur, Jérôme Cretin (Cré’Art), du Vaudioux, qui réalise les plaquettes sur les composteurs, la scierie met aussi au point des grilles contre les rongeurs.

 

Contact. La Billaude, Le Vaudioux. Tél. 06 30 81 33 73. juracub@orange.fr

Une partie de l’équipe à l’atelier.

Frédéric Mignotte, gérant depuis deux ans

La scierie du Vaudioux existe depuis une cinquantaine d’années. Après 25 années comme affûteur, puis une expérience dans les maisons à ossature bois, Frédéric Mignotte en a pris la gérance il y a deux ans.

La scierie du Haut-Jura (Jacquemin-Mignotte) est spécialisée dans le sciage de sapins, épicéas, Douglas, pour faire du bois de charpente, des menuiseries… 35 000 m3 sont sciés chaque année. Le bois, local, est amené par les transports Serrette. Une fois transformé, il part dans toute la France. 25 personnes travaillent à la scierie.

Beaucoup de nouvelles machines sont arrivées. Plusieurs travaux ont été faits. Le but du nouveau patron est de produire plus et plus rapidement et d’intégrer ses salariés dans la réorganisation de la scierie.

 

Les règles d’or du compost…

Dans un composteur, on peut mettre : des herbes indésirables non grainées, des fleurs et plantes fanées, des feuilles fraiches, des épluchures de légumes et de fruits, des fanes de légumes et parties non utilisées, des fruits et légumes abimés, des restes de repas d’origine végétale (pâtes, riz…), du marc de café et des sachets de thé, des peaux d’agrumes, des plumes, ongles, poils, des tailles de haies broyées, des tiges et branchages broyés, de la paille, du foin, des écorces, des feuilles mortes, des copeaux non traités, des coquilles d’œufs, des coques de noix, amandes…

Les règles d’or pour réussir son compost sont : incorporer la matière sèche aux déchets et brasser si besoin, équilibrer les matières humide 2/3 et sèche 1/3, utiliser l’eau de pluie si c’est trop sec, utiliser le soleil si c’est trop humide.

Le compost est mûr après huit à douze mois de maturation. Il a l’aspect d’un terreau de couleur brune avec une odeur de litière forestière qu’on appelle l’humus. Lorsqu’on en prend une poignée et qu’il n’y a visiblement plus rien qui s’agite, le compost est mûr.

Le compost s’utilise dans le potager, en jardinière, au pied des arbres… Attention à bien le mélanger avec de la terre pour éviter de brûler les racines. Le compost améliore la structure du sol, favorise l’activité biologique et apporte aux plantes et au sol les éléments nutritifs essentiels.