Le confinement pire que la mort en EHPAD ?

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Gisèle Buclet a l'impression que sa mère est "abandonnée" en EHPAD.

Surprotégés dans leurs EHPAD, des aînés crient une souffrance indicible. Privés du seul lien qui les rattache à la vie -leurs proches- certains demandent le droit à s’éteindre. Ainsi en est-il pour Julienne Buclet, âgée de 93 ans et pensionnaire d’un EHPAD jurassien.
Sa fille Gisèle Buclet témoigne : « Ma mère aveugle vit en fauteuil roulant. Quatre confinements se sont succédés depuis le mois de mars, durant lesquels aucune personne extérieure n’est rentrée ou sortie de l’EHPAD. A part les soignants, ma mère n’a rencontré personne : il n’y avait pas d’animation, tous les repas étaient servis en chambre ».
Un isolement d’autant plus mortifère que la famille, en colère, n’a pas été prévenue lorsque leur mère a été perfusée contre son gré : « Qu’est ce que cela coûte de nous donner des informations basiques ? Il faut toujours se battre pour savoir ».
Du fait des confinements, Gisèle Buclet estime que sa mère s’est dégradée physiquement et psychologiquement : « Elle demande à mourir pour qu’on n’en parle plus, raison pour laquelle il était question de la placer au CHS Saint-Ylie. Nous on veut qu’elle parte tranquillement, en lui tenant la main ».
Des paroles issues de la longue expérience de Gisèle Buclet en tant qu’infirmière à l’hôpital de Lons : « J’ai travaillé en cancérologie avec un médecin extraordinaire qui prenait soin des familles et des mourants. Un être humain le reste jusqu’au bout »