Alors que la nuit était tombée et que je discutais au milieu de la rue avec ma voisine, nous entendîmes miauler. Un jeune chat, perché haut sur les toits, voulait nous rejoindre et – horreur ! – glissait sur les tuiles.

Que faire ? Déranger les pompiers et la grande échelle ? Connaissant la déclinaison bien moins importante des toits de l’autre côté des maisons, nous décidâmes de lui faire confiance pour redescendre par où il était monté, mais de surveiller bien sûr l’évolution de la situation.

Cela prit un peu de temps, mais le chat finit par retrouver le chemin de sa maison, sans avoir eu à déranger les secours. Sans que personne d’autre ne se préoccupe de son cas non plus.

Je me remémorai alors le sans domicile fixe couché sous un abribus. Comme je repassais une heure après sans qu’il ait bougé d’un millimètre, mes collègues à qui je faisais part de mon inquiétude allèrent vérifier s’il respirait.

Je repensai à la gamine dans le métro avec son chaton au bout d’une laisse autour de laquelle les Parisiens passaient sans la voir. Triste tableau. Je revoyai la Lyonnaise, victime d’un malaise, qui avait failli se faire marcher dessus, tant les gens étaient pressés.

Pressés au point d’être tous devenus aveugles ? Heureusement, samedi, quand je déchargeai mes gros sacs de bois que je m’étais appliquée à couper, scier, tous les hommes dans leurs grosses voitures avec remorques me regardèrent. De l’intérêt, enfin, me dis-je !