Économie. La cybersécurité devient un enjeu économique

Face aux cyberattaques, les TPE-PME doivent désormais anticiper. Pour la CCI, quelques réflexes peuvent déjà limiter les conséquences.

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La CCI accompagne les entreprises dans leur sécurité numérique. Image d'illustration.

Pour les entreprises, la question n’est plus seulement technique. Une cyberattaque peut désorganiser l’activité, rendre les données inaccessibles ou couper les outils de communication. Bruno Gallet, référent développement numérique et cybersécurité à la CCI, résume : “La question, n’est plus de savoir si je vais me faire cyberattaquer, mais quand.” Dès lors, l’enjeu consiste surtout à savoir si l’entreprise est prête à réagir.

Cette préparation passe notamment par un plan de continuité d’activité. Si l’informatique tombe, comment prendre les commandes ? Comment contacter les salariés ? Comment continuer à produire ? “Tout ça, ça se prépare”, insiste Bruno Gallet. Des exercices de gestion de crise permettent même de tester les organisations. Surtout, les moyens doivent rester proportionnés : une TPE de douze salariés n’aura pas les mêmes besoins qu’une entreprise de 400 personnes.

Car la réponse ne se résume pas à acheter du matériel. “On dit que la cybersécurité, c’est 70 % de bon sens contre 30 % de technique.” Sensibiliser les salariés, identifier les données essentielles ou prévoir les bons interlocuteurs peut donc peser autant qu’un équipement coûteux. Et le premier réflexe reste de connaître ses faiblesses : “L’une des premières étapes à faire dans une entreprise, c’est de faire un diagnostic pour savoir où on en est.”

Un coût à intégrer dans les budgets

Cependant, cette protection représente aussi une dépense. Pour Bruno Gallet, une entreprise disposant déjà d’un budget informatique doit désormais réserver une enveloppe à sa sécurité. “On ne peut plus se passer d’un budget cybersécurité. Il ne doit pas être énorme.” Il évoque un ordre de grandeur de 5 à 10 % du budget informatique, tout en rappelant que l’organisation et le temps consacré au sujet comptent également.

La CCI propose ainsi des diagnostics adaptés aux entreprises. MyCyber360 repose sur un questionnaire de 150 questions, suivi d’un état des lieux, de préconisations et d’un plan d’action priorisé. Celui-ci peut être pris en charge, selon les dispositifs, à hauteur d’au moins 50 %. Pour les plus petites structures, un diagnostic plus léger et gratuit existe également. L’objectif reste le même : identifier les vulnérabilités avant qu’elles ne deviennent critiques.

L’IA change aussi la menace

Enfin, l’intelligence artificielle fait évoluer les attaques. Elle facilite notamment les fraudes au président ou la création de deepfakes capables d’imiter une voix ou une image. Mais elle sert également les outils de protection. “L’IA facilite les choses au hacker. L’IA facilite aussi les choses du côté protection”, constate Bruno Gallet. Son message reste pourtant volontairement non anxiogène : “Ce n’est pas le but de faire peur. Le but est de sensibiliser que le risque, il est là.” Pour les entreprises, l’enjeu est donc moins de craindre le numérique que d’apprendre à protéger leur activité.