Longchaumois. Une grève de la faim pour racheter son ancienne colonie

À Longchaumois, Sandrine entame une grève de la faim pour racheter une ancienne colonie en proie à une vente contestée.

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vente du centre de vacances à Longchaumois
Sandrine devant le centre de vacances de Longchaumois, engagé dans sa grève de la faim et ses démarches pour contester la vente.

À Longchaumois, Sandrine conteste la délibération adoptée fin janvier par le conseil municipal de Coulommiers autorisant la vente d’un ancien centre de vacances à un promoteur immobilier. Implanté dans le Haut-Jura, le site appartient à la commune seine-et-marnaise.

Estimant que cette décision compromet définitivement son projet de rachat, elle a entamé une grève de la faim début février. “Cette délibération m’empêche de récupérer mon lieu de vie et mon travail”, dit-elle. Dans le même temps, elle a ouvert une cagnotte et lancé une pétition afin de faire connaître la situation et soutenir ses démarches. “Ce sont mes moyens pour me faire entendre”, ajoute-t-elle.

L’origine du dossier remonte à 2021. Cette année-là, la Ville de Coulommiers met fin à l’activité du centre. Sandrine, directrice depuis cinq ans, perd alors son emploi. “J’ai perdu mon travail du jour au lendemain. Tout s’est arrêté, et avec lui, ma vie professionnelle ici”, explique-t-elle.

Lorsque la perspective d’une vente est évoquée, elle se positionne pour une reprise. En 2023, un arrêté municipal lui permet d’engager la procédure. Elle élabore un projet de transformation en tiers-lieu mêlant hébergement, restauration et activités culturelles, avec plusieurs créations d’emplois envisagées. “Je ne reprends pas seulement le bâtiment. Je recrée mon travail et je veux que le site continue à vivre”, insiste-t-elle.

Elle précise avoir suivi des formations et engagé des démarches bancaires pour structurer le financement. “Ce projet, c’est trois ans et demi de travail. Tout a été réfléchi”, ajoute Sandrine.

Une vente votée, un recours annoncé

Fin janvier, un promoteur se porte acquéreur. La vente, fixée à 310 000 euros pour 11 400 m², est approuvée par le conseil municipal de Coulommiers. “En un mois, tout a basculé, alors que je travaillais depuis des années sur ce projet”, regrette-t-elle.

Sandrine annonce un recours devant le tribunal administratif. La collectivité, de son côté, évoque une décision patrimoniale et budgétaire concernant un site fermé et générant des coûts d’entretien. “Je veux juste pouvoir continuer ce que j’avais commencé et travailler ici”, conclut-elle. L’issue du dossier dépend désormais des suites administratives et juridiques.

Autour d’elle, des habitants lui apportent leur soutien, quand d’autres doutent de la viabilité du projet. Le débat dépasse le cadre local et interroge la gestion de ce bien communal à distance. Pour Sandrine, il s’agit aussi d’une question de reconnaissance et d’ancrage territorial.