L’invité de la semaine. Mattéo Franchini, trois ans de poker et déjà dans la cour des grands !

Étudiant en hôtellerie-restauration, Mattéo Franchini découvre le poker presque par hasard. Trois ans plus tard, il se retrouve qualifié parmi des milliers de joueurs, après une ascension rapide construite sur le travail, la discipline mentale et une étonnante capacité à se canaliser. Portrait d’un jeune passionné qui avance sans brûler les étapes.

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Mattéo Franchini Poker

Vous avez découvert le poker il y a seulement trois ans. Comment tout a commencé ?

J’ai commencé à jouer un peu avec des copains, puis sur internet mais surtout pour le plaisir, pas du tout en mode compétition. En arrivant à Poligny, je me suis inscrit au Poligny Poker Club (PPC) un peu par hasard. Très rapidement, j’ai eu envie d’analyser, de comprendre ce jeu et petit à petit, c’est devenu un vrai passe-temps. Aujourd’hui, dès que j’ai du temps libre, je le consacre au poker. Si je ne joue pas, je travaille mon jeu.

Que signifie “travailler” le poker ?

C’est analyser énormément. Mes propres parties, mais aussi celles des autres. Le poker est basé sur les mathématiques, les statistiques et les probabilités. On calcule les cotes, on essaie de comprendre si une décision est bonne ou non. L’objectif, c’est de pouvoir prendre une décision rapidement, sans hésiter. C’est un travail à long terme, très rigoureux ; il faut jouer énormément.

La Percée Du Vin Jaune

Je participe souvent aux tournois Winamax. A Toulouse par exemple, j’ai commencé à 10 heures du matin pour finir à 18 heures, puis reprendre le lendemain à la même heure. Au total, 16 heures sur deux jours. Quand on aime, on ne voit pas le temps passer. Le travail continue ensuite loin des tables. On peut revoir toutes les parties jouées. Avec une personne qui fait du coaching au PPC on a repris un tournoi où j’avais terminé 6e sur plus de 5 000 joueurs. On analyse tout. Avec du recul, on se rend compte que certaines décisions n’étaient pas les bonnes, alors que sur le moment on en était persuadé. Sur une seule main, on peut passer une heure à chercher la meilleure solution. C’est là qu’on apprend le plus.

Au-delà des chiffres, il y a aussi la lecture de l’autre.

Oui, surtout sur une vraie table. Sur internet, on n’a pas la personne en face. En live, tout change : les expressions, le visage, les gestes, la manière de tenir ses cartes. Mais rien n’est universel. Un geste peut signifier l’inverse selon le joueur. Il faut apprendre à s’adapter en permanence.

Le mental est important ?

Oui, parce que le poker joue énormément sur les émotions. Il faut accepter de prendre de mauvais coups. Si vous êtes dans une mauvaise phase psychologique, vous craquez très vite. Et à une table, c’est destructeur. Les tournois sont longs, fatigants. Rester assis toute une journée à réfléchir, à analyser, ça use énormément.

Pourtant, vous gardez votre calme en tournoi. 

C’est paradoxal, parce que je suis hyperactif. Dans la vie, j’ai besoin d’être stimulé en permanence. Le poker me calme beaucoup. À une table, vous êtes stimulé par tout ce qui vous entoure, en continu. Au tournoi de Toulouse, j’ai passé toute une journée en table télévisée. Pendant huit heures, j’étais très calme, très posé. Alors que dans une salle de cours, c’est compliqué pour moi de rester assis 15 minutes !

Le tournoi de Toulouse marque un tournant.

Oui, bien sûr, et je suis pourtant allé sans pression au Winamax Poker Tour à Toulouse, juste pour profiter. Je ne pensais pas être qualifié, j’ai été sélectionné pour la finale nationale à Aix-en-Provence en mars prochain. Un rêve devenu réalité ! Mes parents m’avaient accompagné, ils ont découvert l’univers du poker, l’ambiance, tout ce qu’il y a autour. Avoir pu vivre ça avec eux, c’était encore plus fort. Ils m’ont toujours soutenu dans ce que je fais, et le poker fait vraiment partie de mes plus grandes passions.

Trois ans pour atteindre ce niveau, c’est rapide.

C’est vrai, mais le poker est un jeu où on apprend toute sa vie. Même l’expérience la plus longue ne suffit pas, car c’est un jeu en perpétuelle évolution. Les stratégies changent, les joueurs s’adaptent, et celui qui cesse d’apprendre finit par être dépassé.

À côté du poker, vous poursuivez vos études ?

Je suis en hôtellerie-restauration, une autre passion. J’ai commencé les extras à 16 ans, tous les week-ends. Donner du plaisir aux gens à travers le service, c’est quelque chose de très fort. Je suis en dernière année de BTS et ensuite, j’aimerais partir à l’étranger, peut-être au Canada. Mes études restent ma priorité aujourd’hui.

Le poker pourrait-il devenir un métier ?

Pas pour l’instant. Si je gagne, c’est un plus, une opportunité. Mais je veux rester prudent. Le poker peut être cruel. Aujourd’hui, je le fais vraiment pour progresser. Et on verra plus tard.

Souhaitons bonne chance à Mattéo qui, à seulement 21 ans, postulera au titre de meilleur joueur de France lors de la finale à Aix-en-Provence en mars prochain.