Branle-bas de combat

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Gérard Bouvier.

Les propos guerriers enflamment nos gazettes et nos écrans. La guerre est à nos trousses, une élection approche et c’est bientôt Paris-Roubaix. Il faut fourbir ses armes jusqu’à en être fourbu. C’est la veillée d’armes et le branle-bas de combat…
La liste est longue des termes belliqueux pour nous garder en alerte et entretenir nos peurs. Dans cette liste le branle-bas n’est pas à la queue. Il viendrait même en tête. Il est vrai que la répétition rimée du phonème ba introduit dans le branle-bas de combat une musique, un rythme à 3 temps, qui donnent à cette expression un charme indéniable.
Le branle, venu du Moyen-Âge, était la danse préférée des haut-jurassiens. Ni carmagnole ni macarena, le branle a donné naissance à beaucoup de nos danses traditionnelles. Il tire son nom de l’ancien verbe branler qui signifiait agiter, mouvoir, remuer. Pour tout dire : ébranler. De haut en bas ou de droite à gauche. Et plus si affinités.
Et bientôt de bâbord à tribord quand la marine a pris le branle en mains et a donné ce nom aux sacs de couchage, de nos mousses et matelots, suspendus dans les entreponts et soumis aux mouvements vagues -et aussi lents – de la houle. Le goût de l’exotisme a sonné la fin du branle au début du XVIème siècle en le remplaçant par le hamac. Sans supplément de confort. Le mot venait de hamacu, en taïno, une langue indienne disparue. Déjà nos ancêtres parlaient snob et se la pétaient. Le branle en fit les frais.
On comprend que le branle-bas de combat consiste à mettre à bas son branle, à plier les hamacs dans un remue-ménage urgent pour se préparer à de farouches escarmouches, à de chaudes échauffourées et à des nuits sans sommeil.