2024 : le retour des jours heureux ?

Dans une étude publiée il y a quelques jours, l’INSEE fait état d’une augmentation des inégalités et de la pauvreté en France. Selon l’institut, 9,1 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté monétaire, fixé à 60% du revenu médian, soit 1 158 €. Cela dit, il existe des raisons d’espérer à une amélioration sensible de notre condition, dès cette année. Détails.

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(Crédit photo : Yves Regaldi)

C’est quand le bonheur ?

Analyse économique et sociologique de ce que nous pouvons envisager pour cette nouvelle année.

La Banque de France indiquait en février dernier dans son « Enquête typologique sur le surendettement des ménages » que 61% de personnes surendettées ont un niveau de vie inférieur à ce seuil de pauvreté.
Comme le montrent les résultats de l’étude dirigée par l’IFOP le mois dernier pour le courtier en ligne Ymanci.fr et l’agence spécialisée en data FLASHS, les difficultés financières entraînent des conséquences particulières importantes sur la vie sociale et la santé mentale des personnes qui les subissent.
Entre sentiment d’isolement, renoncement aux vacances ou encore ruptures sentimentales, les plaies d’argent affectent l’énorme majorité de celles et ceux qui les subissent.

Les répercussions des problèmes financiers sur la vie sociale et la santé mentale

 

67 % des Français reconnaissent avoir été confrontés à des problèmes financiers dans leur vie. Parmi eux, 23% ont connu ces difficultés au cours de l’année passée, particulièrement ceux gagnant moins de 900 € mensuellement (38%). 36% des jeunes âgés de 18 à 24 ans ont également été affectés au cours des 12 derniers mois.

Des conséquences psychologiques significatives

77% des Français ayant eu des problèmes d’argent ont souffert de stress intense, d’anxiété et de nervosité, dont 33% durant l’année écoulée, 73% ont subi des troubles du sommeil, les femmes (78%) plus que les hommes (68%), 58% ont versé des larmes à cause de ces problèmes et 44% ont eu des épisodes dépressifs, 32% des personnes concernées ont rapporté des troubles de la libido et 23% ont eu des pensées suicidaires…
Au total, 87% des personnes ont expérimenté face à des difficultés financières un ou plusieurs de ces troubles, dont 44% au cours de l’année précédente.

Un facteur d’isolement social et affectif

58% des personnes interrogées ayant subi des problèmes financiers se sont sentis isolées et 44% ont ressenti une exclusion sociale, 42% ont modifié leur comportement envers les autres, 85% de ceux qui ont éprouvé des difficultés financières ont également connu des problèmes dans leur vie sociale, dont 43% au cours de l’année dernière.
67% ont renoncé à des vacances avec des proches à cause des coûts et 53% ont évité d’inviter des amis chez eux, 22% ont subi une séparation amoureuse en raison de leur situation financière. Cela concerne 54% des personnes en difficulté de remboursement de dettes.

Enquête réalisée en novembre et décembre 2023 par l’IFOP pour Ymanci.fr auprès d’un échantillon de 2 220 personnes (dont 1 503 ayant connu des difficultés financières ou un surendettement), représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.


Les raisons d’espérer pour 2024…

« L’économie française accélérerait en douceur au début de l’année prochaine », selon Julien Pouget, chef du département de la conjoncture de l’Insee, qui table sur une reprise  du PIB de 0,2 % au premier trimestre 2024. Même estimation pour le deuxième trimeste.
De son côté, Bercy vise un objectif de croissance à 1,4 % pour 2024.
Et puis, on peut aussi et surtout s’attendre à une sensible désinflation.
Toujours selon l’Insee, la hausse des prix devrait poursuivre sa décroissance et fléchir à 2,6 % fin juin 2024, tandis que « l’inflation sous-jacente » serait ramenée à 2 %.
C’est encore plus vrai pour les produits alimentaires, dont les prix ralentiraient également leur envolée, avec une inflation attendue à « seulement » +1,9 % sur un an à la fin du premier semestre.
« L’issue des négociations commerciales entre industriels et distributeurs est susceptible d’influer sur la trajectoire des prix », tempère cependant Julien Pouget. Il en est de même quant aux fluctuations des cours du pétrole.
Reste évidemment aux employeurs à faire quelques efforts pour mieux rémunérer leurs salariés. Et ainsi que chacun contribue, à sa manière, à la relance économique par la consommation. Mais surtout, à la perspective d’un mieux-vivre généralisé.
Car bien que, dans l’absolu, l’argent ne fasse pas le bonheur, on ne peut nier qu’il y contribue cependant en grande partie. Surtout à notre époque…