1 335 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi en 2022

En 2022, 1 335 chefs d’entreprise ont perdu leur activité professionnelle dans notre région selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs de l’association GSC et la société Altares. Un chiffre en hausse de 35,4 % par rapport à 2021.

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Après 3 années marquées par les crises, les difficultés multifactorielles (remboursement des dettes COVID-19 et PGE, hausse des taux, inflation, augmentation des prix de l’énergie, pénuries, etc.) viennent accentuer les fragilités des chefs d’entreprise, alors même que les assignations Urssaf n’ont pas encore repris. 

La situation se dégrade pour les entrepreneurs en Côte-d’Or et dans le Jura avec respectivement 239 (+ 12,7 %) et 116 (+ 34,9 %) entrepreneurs concernés. Le Doubs comptabilise 209 chefs d’entreprise mais enregistre le plus faible taux d’évolution comparé à l’année 2021 : + 1,5 %.

Anthony Streicher, Président de l’association GSC, indique : « Chaque jour, près de 4 chefs d’entreprise perdent leur emploi en Bourgogne-Franche-Comté. Les chiffres de 2022 nous alertent sur une réalité que nous connaissions déjà. Les entrepreneurs doivent faire face à un contexte économique particulièrement difficile dans lequel les fragilités se multiplient. Les pénuries de main-d’œuvre et la majoration des coûts énergétiques compliquent les défis auxquels ils devaient faire face ».

Les aléas économiques exposent les chefs d’entreprise « senior » à la tête de TPE

L’âge moyen des chefs d’entreprise impactés en région Bourgogne-Franche-Comté est de 46,6 ans. «Près de 2 entrepreneurs sur 3 n’ont pas anticipé une éventuelle perte d’emploi », poursuit par ailleurs Anthony Streicher.

Les entrepreneurs à la tête de structures de moins de 3 salariés représentent près de 8 pertes d’emploi sur 10 dans la région en 2022. Les entrepreneurs des secteurs de la construction (284) et du commerce (353) représentent à eux seuls près de la moitié des pertes d’emploi du territoire.

La fin des aides liées aux dispositifs mis en place par l’État durant la crise de Covid-19, l’inflation qui pèse sur le pouvoir d’achat des Français ainsi que les difficultés de recrutement ont fragilisé le secteur lié à l’hébergement, la restauration et débits de boisson. Ainsi, il représente le secteur avec le plus fort taux d’augmentation (+ 88,5 %). Les professionnels de la restauration sont particulièrement pénalisés avec 162 chefs d’entreprise en situation de « chômage » en 2022, soit une hausse de 107,7 %. Seul le secteur de l’information et la communication enregistre une baisse des pertes d’emploi avec 20 chefs d’entreprise impactés (- 16,7 %).

Pour Frédéric Barth, Directeur Général d’Altares : “Crise sanitaire, géopolitique, énergétique, climatique… Les secousses s’enchaînent. Pourtant, l’économie fait encore preuve d’une surprenante résistance, au point que la menace d’une récession un temps redoutée semble s’éloigner. Les indices sont meilleurs qu’attendus en ce début d’année mais, les cessations de paiements s’envolent désormais chez les TPE mais aussi les PME fragilisées par cette “permacrise” qui s’est invitée au fil des mois. 9 300 entreprises sont déjà tombées en faillite en janvier-février 2023, c’est un millier de plus que début 2020 avant que la pandémie ne paralyse l’économie.”

La rédaction