Tir à l’arc. Virginie Chevrier, championne du monde et toujours sur son petit nuage

Après quinze ans de pratique, Virginie Chevrier a décroché son premier titre mondial en tir à l’arc 3D. Licenciée aux Archers de Montciel, à Lons-le-Saunier, la Jurassienne savoure cette consécration.

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Tir à l'arc
Virginie Chevrier participait à ses premiers championnats du monde dans la discipline. Crédit photo : Dean Alberga, World Archery

Elle n’imaginait peut-être pas revenir avec une médaille d’or. Pour sa première participation à un championnat du monde, Virginie Chevrier a pourtant réalisé une performance remarquable en tir à l’arc 3D, dans la discipline de l’arc nu. « C’est une belle consécration pour tout le travail d’entraînement », résume-t-elle.

Cette discipline se pratique sur un parcours en pleine nature, composé de 24 cibles représentant des animaux en trois dimensions. « On se promène dans des prairies, dans des forêts, et on a 24 cibles qui sont dispatchées, comme un parcours de golf un petit peu. » Avec son arc nu, dépourvu de viseur et de stabilisateur, l’archère doit compter sur sa technique et sa précision.

Après deux journées qualificatives, elle se classe onzième. Son objectif initial était alors de terminer dans le top 10. Mais les matchs à élimination directe vont changer la donne. « J’ai fait un match, j’ai fait : “Oh chouette, c’est bon, j’en ai gagné un.” Puis après encore un autre. » En demi-finale, elle prend le dessus sur une Américaine championne des États-Unis et décroche sa place en finale. « C’est moi qui me trouve en finale, et je reviens en me disant que ce n’est pas possible. »

La médaille est assurée, mais Virginie Chevrier reste concentrée sur ses tirs. Elle ne réalise même pas immédiatement qu’elle a déjà remporté la finale avant de décocher ses dernières flèches. La Marseillaise vient ensuite couronner cette aventure. « J’étais super contente. »

Arrivée dans la discipline par hasard

L’histoire avait pourtant commencé presque par hasard, en 2011. Son père avait suggéré à son fils de découvrir le tir à l’arc. Virginie Chevrier l’accompagne, observe les séances, puis finit par essayer à son tour. « C’est moi qui ai essayé, c’est moi qui suis restée. » en rigole-t-elle. Quinze ans plus tard, elle est championne du monde.

Mais pas question de s’arrêter là. Enseignante en école maternelle, elle reprend le travail dès le mardi suivant son retour. Les félicitations des parents et la joie des enfants prolongent un peu l’euphorie. « Je me suis dit, en cinq minutes, c’est bon, je vais être revenue dans la classe. Finalement, j’ai quand même été un peu sur mon petit nuage toute la journée, et ça continue. »

Licenciée aux Archers de Montciel, à Lons-le-Saunier, elle retrouve aussi son club et les concours locaux. Avec humour, elle reconnaît avoir été davantage stressée lors d’une compétition en salle le dimanche suivant son titre que pendant la finale mondiale.

Son prochain défi hivernal : essayer trois types d’arcs différents, tout en restant fidèle à son arc nu avec le rêve, peut-être un jour, des Jeux mondiaux, où certaines disciplines de parcours sont représentées. La championne du monde n’a donc pas fini de faire parler ses flèches.