À seulement 22 ans, Solène Bertrand affiche déjà un parcours dense sur les pistes d’escrime. Le sabre s’est imposé très tôt dans sa vie, presque comme une évidence. Dans la famille Bertrand, l’escrime est une affaire de fratrie. Ses trois frères pratiquent eux aussi, et c’est en accompagnant son aîné au club d’Arbois que Solène découvre, dès l’âge de 4 ans, un sport qu’elle ne quittera plus.
À l’époque, seul le sabre est proposé au club. Un choix par défaut, devenu une fidélité. Même plus tard, lorsque la possibilité du fleuret se présente, Solène reste attachée à cette arme qui lui correspond. Très vite, les compétitions s’enchaînent. Dès 6 ans, elle goûte à l’adrénaline des matchs, aux podiums aussi. Les résultats s’accumulent et nourrissent une envie constante de progresser.
L’escrime, un engagement physique mais pas que…
Sur la piste, l’escrime est pour elle autant un engagement physique qu’un combat mental. Face à son adversaire, Solène se replie dans une concentration presque exclusive. « On se connaît souvent entre tireuses, surtout à ce niveau. Je sais comment les autres tirent, donc je peux anticiper. Il ne faut penser qu’au match, sinon on sort de sa bulle », confie-t-elle. Une lucidité qui l’a portée vers de nombreux podiums nationaux, en individuel comme par équipes. En 2024, elle signe notamment une belle troisième place aux championnats de France en Nationale 2.
Une première participation aux championnats de France Élite
L’année 2025 marque une nouvelle étape avec sa première participation aux championnats de France Élite, en Nationale 1. Le 20 décembre dernier, au stade Pierre-de-Coubertin à Paris, Solène se frotte pour la première fois au plus haut niveau.
Sélectionnée parmi les 38 meilleures sabreuses françaises, elle découvre l’exigence de l’élite. Elle termine 22e, un résultat accueilli avec réalisme et humilité, d’autant plus que le plateau était relevé, avec notamment Manon Apithy-Brunet et Sara Balzer, médaillées d’or et d’argent aux Jeux olympiques de Paris 2024. « Je voulais surtout m’amuser et mettre de belles touches. Les adversaires sont très entraînées, c’est forcément difficile de faire un gros résultat », glisse-t-elle. Cette sélection s’appuie sur un classement national strict, qui ne retenait cette année que les 38 meilleures.
Désormais, Solène s’apprête à transmettre à son tour. Elle débutera prochainement un BPJEPS afin d’enseigner l’escrime aux plus jeunes, une formation d’un an qu’elle suivra à Wattignies, près de Lille, prise en charge par un club local. « Je resterai quelque temps dans le Nord, une manière de les remercier », explique-t-elle, avant d’envisager un retour dans le Jura pour y partager sa passion. Un territoire où les besoins sont bien réels, avec seulement deux entraîneurs pour cinq clubs, à Arbois, Lons-le-Saunier, Dole, Champagnole et Saint-Claude.

























