Saint-Claude. Jean-Louis Millet s’apprête à tourner la page après 35 ans de vie municipale

Après trente-cinq années passées au service de Saint-Claude, dont dix-neuf comme maire, Jean-Louis Millet s’apprête à quitter l’hôtel de ville. Entre crise industrielle, contraintes financières et projets urbains, l’élu tire le bilan d’un long parcours marqué par ce qu’il décrit comme un combat permanent pour maintenir la ville à flot.

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Jean-Louis Millet
L’Ehpad du Mont Bayard, à Saint-Claude, fait l’objet d’une dérogation exceptionnelle en raison de non-conformités en matière de sécurité incendie.

Adjoint, conseiller municipal, puis maire une première fois en 2001, battu en 2008 avant de reprendre l’écharpe en 2014 et d’être réélu en 2020, Jean-Louis Millet totalise « 35 ans de vie municipale ». Une longévité qui lui a permis de mesurer l’ampleur des transformations vécues par la sous-préfecture du Haut-Jura.

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Le fil rouge de ses mandats reste la désindustrialisation. La crise de l’automobile à la fin des années 2000, suivie de la fermeture de MBF, a entraîné pertes d’emplois et baisse de population. Une spirale qui a aussi pesé sur les finances communales, la ville passant sous le seuil des 10 000 habitants et perdant certaines dotations.

« Je ne reconnais plus mon premier mandat »

Conséquence directe, selon lui : des capacités d’investissement réduites alors même que les charges augmentent. « Je ne reconnais plus mon premier mandat », confie-t-il. « Ce n’était pas facile. Mais aujourd’hui, c’est pire que ça. » Routes, écoles, bâtiments publics : les arbitrages budgétaires se sont durcis au fil des années.

La municipalité a tenté de soutenir le commerce de centre-ville et de profiter d’un regain touristique après le Covid, mais pour l’élu, la clé reste l’emploi. « Si j’ai 400 emplois qui arrivent à Saint-Claude, c’est 1 500 habitants de plus minimum », estime-t-il, convaincu que la reconquête démographique passe par la relance industrielle.

Centre-ville et musée, les marqueurs d’un mandat

Au moment de quitter ses fonctions, Jean-Louis Millet se souvient de plusieurs chantiers phares lors de ses mandats. En premier lieu, la rénovation du centre-ville, engagée en 2019 et appelée à se poursuivre avec la requalification de nouvelles rues et espaces publics pour redonner de l’attractivité commerciale au cœur de ville.

D’autres projets doivent voir le jour dans les prochaines années, notamment le déplacement des archives municipales, devenues trop exiguës, et la future crèche du quartier Chabot, destinée à augmenter une capacité d’accueil devenue insuffisante.

Mais celui qui fut également enseignant reste particulièrement attaché à la création du musée de l’Abbaye, projet lancé bien avant son ouverture. « Je suis particulièrement fier du musée de l’Abbaye », rappelle-t-il, évoquant sept années de travail pour mener le dossier à son terme. Même s’il regrette aujourd’hui une fréquentation qu’il juge insuffisante, il estime avoir doté la ville d’un équipement culturel majeur.

Son départ de la mairie ne signifie pas pour autant un retrait des dossiers locaux. Hôpital, maintien des services publics ou réouverture de la liaison ferroviaire vers Oyonnax restent, selon lui, des enjeux majeurs pour le territoire. Car être maire à Saint-Claude, résume-t-il, relève avant tout d’« un combat permanent » pour préserver l’attractivité d’une ville de montagne confrontée à de multiples défis économiques et démographiques.