Haut-Bugey Agglomération. Le budget primitif 2026 anticipé et prudent a été validé

Réuni à Port le 16 décembre, le dernier conseil de la mandature de Haut-Bugey Agglomération a examiné le budget primitif 2026. Un exercice anticipé, marqué par l’incertitude nationale, la baisse des dotations et la volonté assumée de préserver des marges de manœuvre pour l’équipe à venir.

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Budget du Haut-Bugey 2026
Un dernier conseil d'agglomération pour la mandature, avec l'examen du budget 2026. Photo : EP

Voté plus tôt qu’à l’accoutumée, le budget primitif 2026 de Haut-Bugey Agglo n’a rien d’un budget de confort. Dès l’entame de son intervention, François Mourlevat a tenu à rappeler le contexte particulier dans lequel il a été construit. « La loi de finances n’est pas votée, donc on a été obligé de travailler avec des hypothèses », a-t-il expliqué, soulignant également l’échéance électorale qui a conduit l’exécutif à avancer le calendrier budgétaire afin de ne pas « mettre la prochaine équipe directement face à cet établissement de budget ».

Résultat : un document volontairement prudent, adossé au pacte financier et fiscal adopté en 2021 et aux orientations budgétaires votées en novembre 2025. Le budget global s’établit à 73,1 millions d’euros, en recul par rapport à 2025. Une baisse qui s’explique essentiellement par un repli apparent de l’investissement, assumé par l’exécutif intercommunal.

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Un fonctionnement sous tension, des recettes fragilisées

Dans le détail, la section de fonctionnement atteint 61 millions d’euros. Les recettes fiscales se veulent stables, bâties sur une hypothèse d’évolution des bases foncières limitée à 1 %. La prudence domine également concernant la CVAE, dans un contexte économique qualifié de « morose ».

Mais, c’est surtout la baisse des dotations qui pèse : la dotation globale de fonctionnement et celle d’intercommunalité reculent sensiblement, conséquence directe de la réforme de la fiscalité économique. « Ça représente un manque à gagner relativement conséquent », a insisté François Mourlevat.

Côté dépenses, la collectivité mise sur la maîtrise des charges. Les dépenses à caractère général restent globalement stables, aidées par une accalmie sur les prix de l’énergie. Les charges de personnel, elles, sont en baisse de près de 5 %, malgré l’augmentation des cotisations retraite. Une évolution que le président attribue au « travail quotidien des services » et à une gestion plus fine des remplacements et des heures supplémentaires.

Mais l’équation financière demeure serrée. Entre la contribution au Fonds de péréquation intercommunale, le DILICO et la fin de certaines compensations de l’État, ce sont près de 3 millions d’euros qui manquent à l’appel. « Trois millions d’euros d’investissements qu’on ne peut pas faire », a résumé François Mourlevat.

Un investissement contenu, une dette maîtrisée

L’investissement s’élève à 11,9 millions d’euros, dont 9,3 millions consacrés aux travaux et équipements. Sport, aménagement du territoire, économie ou environnement figurent parmi les principaux postes. 

Sur le plan de l’endettement, Haut-Bugey Agglo affiche des indicateurs favorables. Avec une dette de 195 euros par habitant, contre 380 euros pour la strate, et un ratio de désendettement de 3,27 ans, la collectivité se situe bien en dessous des seuils d’alerte. « Cela veut dire que nous pouvons encore emprunter tout en restant dans les normes », a souligné le président, évoquant une dette majoritairement à taux fixe. Un budget 2026 placé sous le signe de la prudence, adopté à l’unanimité par l’assemblée.