L’invité de la semaine : Gérard Guillemaud

A l’occasion d’Octobre rose, le président du comité départemental de La Ligue contre le cancer fait le point sur les multiples missions de l’association. Il recherche des bénévoles pour pouvoir prévenir toujours plus car, rappelle-t-il, 40 % des cancers sont évitables.

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Pouvez-vous nous présenter l’association ?

La Ligue contre le cancer est une fédération nationale, composée de 103 comités départementaux. Nous sommes une association reconnue d’utilité publique, qui a un peu plus d’un siècle d’existence. Souvent, le public pense que notre seule mission est de financer la lutte contre le cancer. Il y en a d’autres.

Quelles sont ces autres missions ?

La deuxième mission fondamentale est l’aide aux malades et leur accompagnement. Elle a deux volets : le premier sur les aides financières pour, par exemple, aider à payer le loyer pour les personnes en arrêt de travail ou les retraités qui ont de faibles ressources, financer un reste à charge (prothèses capillaires…)… Il faut passer par une assistante sociale de la Carsat, de l’hôpital, du conseil départemental… Nous avons une commission qui étudie le dossier et décide de la subvention à apporter. Une quarantaine de personnes sont accompagnées chaque année. En 2021, nous avons versé 15 000 euros.
Le deuxième est l’accompagnement et le soutien psychologique. Depuis 2022, nous mettons en place des séances de sophrologie une fois par semaine dispensées par Mme Gonin, un groupe de paroles destiné aux femmes touchées par un cancer du sein sous hormonothérapie avec une psychologue clinicienne, des séances de reiki animées par Mme Courvoisier. Notre objectif est de déployer cette offre de services destinés aux patients et patientes touchés par la maladie qui expriment ce besoin et ce sur l’ensemble du Jura.

Votre grande mission est aussi de prévenir. Comment agissez-vous ?

Nous participons à la promotion des dépistages organisés toute l’année : cancer du sein, cancer colorectal et du col de l’utérus. C’est important de promouvoir ces dépistages car repéré prématurément, cela augmente les chances de guérison d’un cancer. Deuxième axe : le constat de l’Institut national du cancer qui indique que 40 % des cancers sont évitables, liés à nos comportements et nos modes de vie. Notre objectif et notre mission sont d’informer, de sensibiliser et de responsabiliser au regard de ce constat, notamment les plus jeunes. Nous intervenons auprès des établissements scolaires. Je rappelle que les quatre premières causes de cancer sont : l’alcool, le tabac, la nutrition et la sédentarité.

Où en êtes-vous de votre mise en place d’espaces sans tabac ?

Cela a été fait à Desnes, Bletterans, Champagnole, c’est en cours à Lons-le-Saunier et en projet à Morez. L’objectif est de sensibiliser les parents aux dangers de la consommation du tabac. Le premier lieu d’implantation est l’école (maternelle, primaire) et les aires de jeux. La finalité est de sensibiliser et d’informer les parents sur les dangers du tabac et que de jeunes enfants ne rentrent pas dans la consommation de tabac. Avant la crise sanitaire, nous avons initié un projet d’interventions auprès des CM2 avec une BD « Jamais la première », mais nous avons besoin de bénévoles.

Combien avez-vous de bénévoles ?

On compte une vingtaine de bénévoles. Pour Octobre rose, nous intervenons sur cinq dates, nous aurions besoin de bien davantage de moyens. Et je rappelle que nous avons besoin de faire de la prévention toute l’année. Nous interviendrons auprès du personnel d’une entreprise dans quelques jours. L’année dernière, nous étions intervenus au lycée de Montciel. Nous sommes susceptibles d’être présents lors de manifestations sportives (nous étions au départ du trail des reculées). Nous sommes disposés pour intervenir sur toute demande, seuls ou avec d’autres acteurs de la prévention. La prévention nécessite d’agir dans la durée.
Nos moyens financiers reposent sur la collecte de dons. La crise sanitaire a eu un impact important, d’où la nécessité pour nous d’être sur le terrain et d’expliquer à quoi sert l’argent de nos donateurs. Nous recevons aussi des legs. L’an dernier, nous avons subventionné des chercheurs à hauteur de 25 000 euros et cette année, nous allons financer la recherche à hauteur de 150 000 euros car nous avons été destinataires d’un leg important et conformément à la volonté de la personne, il sera strictement dédié à la recherche. Nous pourrons le faire au même niveau durant plusieurs années.