Éditorial

La chasse au dahu

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Nous voici (enfin) revenus de congés avec un cocktail d’images, de saveurs et de souvenirs plein l’esprit.
Mon favori pour cet été, fait écho à une mémorable chasse au dahu dont, suite à l’insistance de mes enfants et de leurs amis, j’ai eu l’honneur (et l’immense courage) de m’improviser guide-éclaireur.
Nous sommes ainsi partis, un soir de mi-août, à la tombée de la nuit, marcher en bordure des lisières de la forêt de notre village, pendant que la pleine lune se levait, en quête d’observation (sinon de capture, pour les plus téméraires) de cet étrange animal.
Quoi, vous êtes sceptiques ?
Pourtant, nombreux sont ceux qui ont entendu parler du dahu.
Cet animal vit un peu partout dans notre région, bien qu’il semble préférer les reliefs.
Plus précisément, il faut savoir que la morphologie du dahu est voisine de celle d’un chamois, sauf qu’il porte une queue de vache. En outre, ce mystérieux animal possède une autre particularité étonnante : celle d’avoir les pattes plus courtes d’un côté que de l’autre, ce qui lui permet de se déplacer aisément sur les pentes du massif jurassien.
C’est pourquoi, contrairement à son cousin le chamois, le dahu est capable de faire le tour d’une montagne sans plier les genoux… Épatant n’est-ce-pas ?
Demeure cependant un inconvénient majeur à cette formidable adéquation entre l’animal et son milieu, le dahu ne peut se retourner ! Sans quoi, les pattes les plus courtes se retrouveraient dans le vide. Ce serait alors la chute inexorable, et probablement fatale…
Le dahu fait partie de ces créatures mythiques tels que le sont le yeti ou le monstre du Loch Ness, sources d’innombrables polémiques sur lesquelles, journal on ne peut plus sérieux que nous sommes, nous ne nous étendrons pas…
Cet animal extraordinaire reste une énigme pour les scientifiques, puisque ces derniers n’ont pu l’observer qu’avec difficulté. Face à la rareté de ses apparitions (généralement il ne sort de son repère qu’au crépuscule, pour aller se désaltérer dans les ruisseaux), certains spécialistes de l’espèce émettent l’hypothèse d’une timidité naturelle du mammifère…
Toutefois l’on sait, “de source officielle”, que celui-ci séjourne sur notre territoire et nous observe.
Bref, cette chasse au dahu, fut épique, surprenante, récréative. Plusieurs fois nous avons cru le déceler, le voir, le sentir, apparaitre furtivement derrière un arbre…
“Si si Cyril, on l’a vu !” s’enthousiasmaient les enfants ! La mission était accomplie…
Alors si vous aussi, vous souhaitez questionner vos doutes et tenter cette fantastique expédition à réaliser en famille ou entre amis, comme je l’ai conseillé à mes jeunes accompagnants, n’oubliez jamais votre âme d’enfant : gardez votre insouciance, votre innocence, votre naïve, peut-être utopique, mais résiliente joie de vivre.
Et quoi qu’il arrive, écoutez, ouvrez l’œil, car on ne sait jamais…