Économie. Une année 2025 difficile pour les entreprises de Bourgogne-Franche-Comté, des signaux positifs pour 2026

Le 5 février, Laurent Quinet, directeur départemental de la Banque de France du Doubs, a dressé un état des lieux économiques de l’année 2025 et identifier les perspectives des entreprises de la région en 2026.

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L'Hôtel de Valay, bâtiment du XVIIIème siècle rue de la Préfecture à Besançon, abrite le siège départemental de la Banque de France.

Les études épisodiques de la Banque de France s’appuient sur un questionnaire adressé à 1 339 entreprises de Bourgogne–Franche-Comté. Pour Laurent Quinet, directeur régional, « la conjoncture économique a été négative en 2025 mais les projections 2026 montrent des signes encourageants au niveau régional ».

Concept Paysage du revermont

Le bilan repose sur 602 réponses d’entreprises industrielles (près de 52 % des effectifs du secteur), 443 dans les services marchands (16,6 %) et 294 dans la construction (27,3 %).

Une année 2025 sous tension

L’année a été marquée par un commerce mondial dépendant de « la forte volatilité américaine » et par l’instabilité politique et fiscale en France. La hausse des droits de douane aux États-Unis, combinée aux évolutions euro-dollar, a renchéri les exportations vers le marché américain. La filière viticole régionale, très exposée, s’en est particulièrement inquiétée.

L’investissement des entreprises recule globalement, surtout dans les services marchands (-37 %), mais aussi dans la construction (-17 %) et l’industrie (-14 %). L’activité industrielle reste fragile, pénalisée par la crise automobile, même si certaines PME de Franche-Comté profitent encore du dynamisme de l’aéronautique.

Les carnets de commandes demeurent dégradés dans l’industrie et le bâtiment. Le second œuvre bénéficie toutefois des rénovations et travaux d’économies d’énergie, alors que la construction neuve reste en panne. Une reprise est attendue au second semestre 2026 grâce au projet de loi Jeambrun sur la défiscalisation des logements locatifs, à condition que le texte ne soit pas dénaturé lors des débats parlementaires (NdlR).

Des crédits moins dynamiques

Fin 2025, la croissance des crédits bancaires aux entreprises atteint 0,9 % dans la région, contre 1,9 % au niveau national. La situation varie fortement selon les secteurs et les départements.

Les défaillances d’entreprises restent globalement stables, avec un indice régional de 117,2 contre 124,6 au niveau national (base 100 en janvier 2019). La Côte-d’Or, l’Yonne et le Territoire de Belfort enregistrent toutefois davantage de défaillances que le Doubs.

La forte progression des micro-entreprises contribue aussi à fragiliser le tissu économique, nombre d’entre elles ne disposant pas de capitaux propres ou de trésorerie suffisants pour résister à un retournement conjoncturel.

Des chefs d’entreprise prudemment optimistes pour 2026

Après une année morose, les dirigeants interrogés se disent modérément optimistes pour 2026. L’industrie prévoit des hausses d’activité dans l’agroalimentaire (+0,8 %), les matériels électriques et électroniques (+7,9 %), les matériels de transport (+2,2 %) et les autres industries (+3 %).

Les services marchands anticipent une progression de 1,5 % du chiffre d’affaires et un léger solde positif d’emplois (+1 %). La construction pourrait afficher une légère reprise portée par le gros œuvre en seconde partie d’année, même si les travaux publics pourraient ralentir après les élections municipales.