Dole. Le cinéma comme outil d’expression pour des personnes en situation de handicap

Des jeunes et des adultes en situation de handicap passent de leurs rêves à l’écran grâce au court-métrage Nos Mondes Intérieurs, tourné cette semaine à Dole dans le cadre de « Singularités plurielles », le temps fort des Scènes du Jura consacré à l’inclusion et à la création artistique.

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Inclusion handicap Dole
Un tournage qui a permis de mettre en caméra, des rêves de certains, des envies des autres.

Entre un ring de catch improvisé, une ferme jurassienne, un musée ou encore un supermarché, la semaine de tournage de Nos Mondes Intérieurs a transformé Dole et ses environs en décor de cinéma. Au cœur du projet, un pari simple : donner vie aux rêves de personnes en situation de handicap grâce à la fiction.

Concept Paysage du revermont

Porté par les Scènes du Jura et le réalisateur Jean-Benoît Mollet, le court-métrage associe des jeunes du DAME Le Bonlieu et des adultes du GEM Une autre Rive. « C’est l’idée de rencontrer des jeunes en situation de handicap et de leur dire quels rêves ils ont en eux. Et de là, porter ce rêve à la réalité par l’intermédiaire de la fiction », résume Cédric Fassenet, directeur des Scènes du Jura.

Princesse amoureuse, peintre exposé au musée, catcheurs survoltés ou passionnés de campagne : chaque participant incarne son univers intime, rendu possible grâce au tournage sur fond vert et à de multiples décors naturels.

Des rêves patiemment construits

Le projet débute à l’automne par de longues rencontres. Jean-Benoît Mollet s’immerge dans le quotidien des participants, récoltant envies et indices pour façonner les personnages. « C’était un apprivoisement, connaissance, apprivoisement, et puis prendre effectivement le moindre détail, et piocher pour faire quelque chose de construit », raconte Lise Verpillet, animatrice au GEM.

Le travail demande une attention particulière aux fragilités et aux rythmes de chacun. « Il y a quand même des fatigabilités, il y a des fragilités, il y a toute une adaptabilité que les personnes qui sont porteuses d’handicap ont et qu’on ne peut pas transférer comme ça sans préparation », souligne Sylvain Sauce, éducateur spécialisé au DAME Le Bonlieu.

Au-delà de la création artistique, l’enjeu est aussi social. Les participants ont souvent connu moqueries ou exclusion. Le projet devient alors un espace sécurisant pour oser se montrer. « La chance qu’on a eue, c’est que, dans cet accueil de qualité, ils ont pu justement se sentir suffisamment à l’aise. On est dans le lâcher prise ».

Une aventure collective dans toute la ville

Le tournage a investi de nombreux lieux : marché couvert pour une scène de flashmob, musée des Beaux-Arts, école de costumes, ferme de Moissey, supermarché ou encore les établissements des participants eux-mêmes. « Les lieux dans lesquels on vit, viennent un petit peu illustrer qui on est », explique Sylvain Sauce.

scène de flashmob, musée des Beaux-Arts
Des tournages qui se sont déroulés sur plusieurs endroits de Dole et sa région, comme ici, devant le théâtre.

Au fil des jours, l’équipe s’élargit : éducateurs, commerçants, artistes, habitants prêtent lieux, accessoires et soutien. Plusieurs jeunes non retenus pour les rôles principaux participent aussi aux scènes collectives, renforçant la dimension inclusive.

Résultat : une aventure fédératrice qui dépasse le simple film. Certains professionnels, peu familiers du théâtre, assisteront au spectacle de restitution prévu le 3 mars aux Scènes du Jura.

Pour Cédric Fassenet, l’objectif est clair : rendre visibles des parcours souvent ignorés. À travers Nos Mondes Intérieurs, ces rêves personnels deviennent, le temps d’un film, une histoire partagée avec le public.