Choux. Renaturer les cours d’eau pour préserver la ressource en eau

Face aux sécheresses et à la dégradation des milieux aquatiques, la renaturation des cours d’eau devient un enjeu majeur dans le Haut-Jura.

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Cours d'eau
Des projets de renaturation sont en cours dans le Haut-Jura pour redonner sa place aux cours d'eau.

À Choux, le chantier du bief de la Crêta, engagé en septembre, illustre des projets de renaturation des cours d’eau destinés à redonner de l’espace à l’eau et à restaurer les zones humides. « Tous les cours d’eau ont été cassés, globalement. Et là, on a 50 à 60 ans de retard à rattraper », constate Romain Bellier, chargé de mission Grand Cycle de l’Eau au Parc naturel régional du Haut-Jura. Pendant des décennies, les rivières ont été creusées, rectifiées ou déplacées pour répondre aux activités humaines. Des aménagements dont les conséquences sont aujourd’hui accentuées par le changement climatique.

Certains tronçons s’assèchent désormais quatre à cinq mois par an, alors même que de l’eau arrive en amont. « C’est juste que, comme ils ont été trop pelletés à l’époque, trop enfoncés, la nappe a été cassée. Cela devrait être des cours d’eau qui méandrent, où l’eau a le temps de rentrer dans le système calmement. »

Redonner sa place à l’eau

À Choux, la restauration du bief de la Crêta et de son affluent doit permettre de retrouver un fonctionnement plus naturel sur environ 1 200 mètres, contre quelque 800 mètres auparavant. Le chantier prévoit notamment de recréer des méandres et de reconnecter plus de 17 000 m² de zones humides.

L’objectif est de ralentir les écoulements, de favoriser les échanges entre le cours d’eau et les sols et de préserver des milieux essentiels à la biodiversité comme à la ressource en eau. Un cours d’eau trop profondément creusé accélère en effet sa propre dégradation. « Les gens, ils réfléchissent inondation : je creuse, je cure un cours d’eau. Alors que plus tu creuses, plus ça creuse », résume le spécialiste. À l’inverse, une rivière qui retrouve de l’espace peut déborder plus progressivement dans les zones prévues pour l’accueillir, plutôt que de concentrer les écoulements.

Concilier nature et activités humaines

La renaturation doit toutefois composer avec les usages agricoles et les contraintes du terrain. À Choux, l’exploitant Vivien Basson a été associé au projet. Des clôtures, des passages à gué et un abreuvoir sont prévus afin de concilier la restauration écologique avec les besoins de son activité.

Ces opérations nécessitent du temps, des financements et l’accord des propriétaires concernés. « Restaurer les cours d’eau, ce n’est pas obligatoire. Je peux convaincre 50 privés que s’il y en a un qui dit non, c’est non », souligne Romain Bellier. Un frein qui s’ajoute à l’ampleur des dégradations et à la difficulté de prévoir l’évolution des milieux avec le changement climatique.

Pour lui, il est pourtant essentiel d’intervenir sans attendre. « Plus on attend pour faire, plus ça coûtera cher, moins on aura de chances de réussir. » Les travaux du bief de la Crêta doivent se poursuivre jusqu’en décembre, avec une phase de plantations et de remise en état du site.