Thomas Darrousez, responsable exploitation et maintenance à Nouvergies, vient de présenter à curieux et voisins la centrale hydroélectrique des Forges à Pont-du-Navoy (le site est une ancienne forge où ont travaillé jusqu’à 900 personnes). L’hydroélectricité est l’énergie produite grâce à la force motrice de l’eau. « C’est une des électricités les plus discrètes et les mieux intégrées dans le paysage », explique-t-il. Il existe 2 500 ouvrages hydrauliques en France et c’est la première source d’électricité renouvelable.

A l’entrée du site, le spécialiste montre le canal. « Son niveau est réglementaire, explique-t-il. Il est imposé par arrêté. Nous devons respecter ce niveau en tout temps. Le réglage de ce niveau d’eau est réalisé par l’intermédiaire des trois vannes en tête de canal qui sont automatisées. »

Lors de notre visite, la centrale produisait en instantané 400 kW. « En deux heures de production à cette puissance et durant les périodes hivernales, nous gagnons environ 200 €. L’hiver (de novembre à mars), nous sommes beaucoup mieux rémunérés par nos contrats de revente puisqu’il y a davantage de consommation. Cela nous va bien dans la mesure où il y a plus d’eau durant ces périodes. »

L’électricité est « fainéante »

L’électricité étant « fainéante », elle est consommée au plus près du terrain. Elle passe par le câble et est utilisée majoritairement localement, mais elle peut servir partout en France.

Nouvergies a un compteur à la sortie de sa centrale et envoie une facture mensuellement à EDF OA (pour obligation d’achat) avec qui l’entreprise a un contrat de revente jusqu’en 2033.

« Notre production annuelle est équivalente à la consommation de la commune de Pont-du-Navoy, soit 300 personnes en comptant le chauffage. D’un point de vue comptable, on pourrait presque dire que la ville est autonome en électricité, même si c’est un peu plus compliqué que cela », valorise l’expert.

La centrale hydroélectrique est composée de deux centrales : les Forges et la Vis. Nouvergies, propriétaire depuis décembre, réfléchit à investir. « Nous ne savons pas encore quel projet nous pourrions avoir en 2027 : révision de la turbine, amélioration du dégrilleur… »

Nouvergies aimerait faire un deuxième compteur pour la petite turbine afin de vendre aux entreprises locales. « A Champagnole où nous avons une autre centrale hydroélectrique (centrale de La Serve), nous vendons directement aux entreprises via l’autoconsommation collective. Une entreprise spécialisée en usinage a ainsi économisé près de 5 000 euros en quatre mois. Et ça n’est que le début car d’autres entreprises ont rejoint l’initiative. » La société espère mettre cette offre sur sa nouvelle centrale en place dans les six mois en trouvant des consommateurs locaux. « Administrativement, c’est trop compliqué à mettre en place pour les particuliers. »

Quelques chiffres

  • Puissance installée : 530 kW.
  • 2 centrales : Les Forges (1 groupe Kaplan et 1 groupe Francis sous hauteur de chute 4,22 m / puissance 460 kW) et la Vis (au seuil de 70 kW sous 3,41 m de hauteur de chute).
  • Débit réservé au niveau du barrage : 2,6 m3/s.
  • Le barrage en béton de 70 m de long et 4 m de haut a été équipé d’une passe à poissons. Celle-ci permet aux poissons de remonter le barrage.
  • Production moyenne annuelle : 2,37 GWh.
  • Nouvergies a 7 centrales en exploitation en Bourgogne/Franche-Comté, dont 5 dans le Jura.