À première vue, ABYZ ressemble à beaucoup d’associations rurales. Pourtant, derrière ce nom — contraction de l’alphabet de A à Z et des initiales d’Asnans-Beauvoisin — se cache un collectif devenu, au fil des années, un point d’appui pour des habitants souvent dépassés par des procédures complexes.
L’association est née d’un litige local. « Au départ, c’était pour pouvoir défendre les gens du village », raconte Jean Vignot, à l’origine de la démarche. Face à des problèmes administratifs et fonciers, plusieurs habitants décident alors de se regrouper. Rapidement, les sollicitations dépassent le cadre initial.
Aujourd’hui, les bénévoles accompagnent des particuliers confrontés à des successions compliquées, des conflits avec des mairies, des litiges commerciaux ou encore des dossiers de retraite. « Il y a beaucoup de gens qui sont un peu perdus dans tout ça », souligne Jean Vignot.
Une aide administrative… et morale
Concrètement, les bénévoles aident à rédiger des courriers, orientent vers les bons interlocuteurs ou accompagnent les démarches sur la durée. Et le temps consacré varie fortement. « Ça peut être un an, ça peut être deux ans. Et ça peut être quinze jours », précise Jean Vignot.
Présents, d’autres bénévoles évoquent également l’évolution de certains dossiers : « On commence par une chose et, au final, on en traite plusieurs pour la même personne. » Derrière chaque demande se cache souvent une accumulation de difficultés.
Car l’accompagnement dépasse la simple paperasse. « Ce qu’on apporte aussi, c’est une relation de soutien », insiste Jean Vignot. Les bénévoles soulignent régulièrement l’importance de l’écoute. « On essaie d’être solidaires, sans s’occuper de la notion de valeur », expliquent-ils, rappelant que l’association intervient souvent auprès de personnes en difficulté financière ou sociale.
Les arnaques en ligne, de plus en plus fréquentes, font aussi partie des problématiques rencontrées. Lors de réunions publiques, les bénévoles alertent sur les dangers du numérique et appellent à la vigilance.
Une indépendance assumée
ABYZ revendique aujourd’hui une vingtaine d’adhérents réguliers, avec des effectifs qui peuvent grimper jusqu’à une cinquantaine selon les périodes. Le fonctionnement reste largement basé sur le bouche-à-oreille.
L’adhésion annuelle est fixée à 15 euros, mais les bénévoles reconnaissent adapter parfois cette participation aux situations rencontrées. « Certains ont vraiment des difficultés », reconnaissent-ils.
Autre particularité : l’association refuse toute subvention publique. « On veut être libres, indépendants », insiste Jean Vignot. Une manière, selon lui, de pouvoir défendre les habitants sans contrainte, même lorsque les différends concernent des collectivités.
En parallèle, ABYZ organise des activités variées : initiations au secourisme, réunions d’information, sorties conviviales ou échanges autour des enjeux agricoles et environnementaux. Objectif : créer du lien autant qu’apporter des solutions.
À travers cette démarche, les bénévoles revendiquent avant tout des valeurs de fraternité, d’égalité et de liberté. Dans un contexte où de nombreuses personnes se sentent isolées face aux démarches administratives, ABYZ entend prouver qu’une solidarité locale reste possible.



























