Changer de métier, créer son entreprise ou rebondir après un problème de santé : pour leur quatrième édition, les Trophées de la reconversion ont mis en lumière douze parcours de Bourgogne-Franche-Comté. La cérémonie, organisée ce jeudi 24 septembre à la CCI de Chalon-sur-Saône par Transitions Pro Bourgogne-Franche-Comté, s’inscrivait dans le cadre de l’événement Nouvelle Vie Professionnelle. Quatre catégories étaient représentées : changement de métier, création d’entreprise, reconversion liée à un souci de santé ou à une situation de handicap et reconversion après 50 ans.
Derrière les trophées, l’objectif était surtout de donner à voir les réalités d’un changement professionnel. « Au départ, il y a le choix d’un individu, d’une personne qui, pour des raisons diverses, a envie de changer », a rappelé Fabienne Petit, vice-présidente de Transitions Pro. Une démarche qui suppose formation, accompagnement et parfois une prise de risque importante. Les parcours distingués permettent ainsi de montrer concrètement les dispositifs mobilisables pour mener un nouveau projet professionnel.
Manon Carrara, du BTP à l’escalade
Parmi les lauréats de la catégorie consacrée à la création d’entreprise, Manon Carrara a fait le choix de quitter le BTP. Ingénieure de formation, elle a travaillé pendant un peu plus de dix ans comme chargée d’affaires, notamment sur les démarches commerciales et les prix. La monotonie de son poste et une perspective d’évolution refusée l’ont progressivement conduite à envisager une autre voie. « Je n’avais pas envie de repartir dans une autre entreprise », explique-t-elle. Sportive, elle souhaitait rapprocher sa vie professionnelle de cet univers.
L’escalade, découverte quatre ans auparavant, s’est imposée dans sa réflexion. Elle s’est alors engagée dans un dispositif démissionnaire pour créer son entreprise et ouvrir une salle d’escalade de bloc, à Chalezeule. Un changement radical par rapport à son ancienne vie de cadre.
Aujourd’hui gérante, elle encadre quatre salariés et partage son quotidien entre gestion administrative et commerciale, accueil du public et fonctionnement de la structure, ouverte sept jours sur sept. Les horaires fixes et la sécurité du salariat ont laissé place à des journées parfois décalées et à davantage d’incertitude. Un choix qu’elle ne regrette pas : « Je suis épanouie dans mon métier et je retrouve les valeurs que je venais rechercher. »
Emeline Converset, retrouver du sens dans le commerce de proximité
Deuxième prix de cette même catégorie, Emeline Converset a elle aussi quitté une carrière déjà bien installée. Ingénieure de formation, elle avait travaillé une quinzaine d’années dans différentes entreprises et occupait dernièrement un poste de responsable de business unit. Le déclic est intervenu dans ses fonctions de manager, lorsqu’elle a dû procéder à un licenciement. Une décision qu’elle dit avoir « très très mal vécue ». « Quand on n’assume plus les décisions hiérarchiques, c’était le moment de faire autre chose. »
Accompagnée notamment par l’APEC, elle s’est engagée dans un projet de création d’entreprise. Celui-ci a débouché sur l’ouverture d’un concept store proposant arts de la table, décoration, papeterie, jeux de société et idées cadeaux pour adultes et enfants, dans le village de Pont-de-Roide-Vermondans. Son projet répond aussi à une volonté de proposer une offre de proximité et d’éviter aux habitants de parcourir 15 ou 20 kilomètres pour trouver certains produits.
Elle assume néanmoins l’incertitude inhérente à cette nouvelle vie professionnelle. « Ça reste un saut dans le vide », reconnaît-elle. Encore accompagnée par France Travail, elle ne sait pas encore « de quoi demain sera fait », mais souligne le rôle du dispositif dans le lancement de son projet : « Sans ce dispositif-là, je ne serais peut-être pas là pour en parler aujourd’hui. »























