
Les défenseurs du barrage veulent aller plus loin que le seul ouvrage de Ravilloles. « C’est la retenue d’eau, plus que le barrage », résume Guy Faure, hydrogéologue. Celle-ci représente, selon eux, environ 280 000 mètres cube d’eau et joue un rôle dans l’alimentation des ouvrages situés en aval, notamment dans un contexte de sécheresses plus fréquentes.
Les défenseurs du barrage ne contestent pas les enjeux de sécurité identifiés sur l’ouvrage, mais estiment qu’une autre solution que la démolition doit être étudiée. « On sait qu’il est éventuellement réparable. On peut le remettre en sécurité par rapport à la norme actuelle », estime Jean Ecuyer, maire de Coteaux du Lizon et responsable du collectif Pour Que Vive le Lizon. Guy Faure travaille ainsi sur différentes hypothèses de stabilisation. « Ce qu’on veut faire, c’est une étude qui nous permette de dire : on le renforce, de manière à ce que ça le rende stable », explique-t-il.
Les conséquences environnementales au cœur des préoccupations
Le collectif souhaite également prendre en compte les conséquences environnementales d’un effacement. Il s’interroge notamment sur la restauration des habitats, alors que la retenue existe depuis plus d’un siècle. « Comment peut-on prétendre supprimer un habitat qui s’est créé depuis plus d’un siècle ? », questionne Jean Ecuyer. « Pourquoi on dirait que celui qu’on va créer demain sera mieux que celui-là ? »
Le collectif défend donc un projet plus large, intégrant l’entretien de la retenue, la gestion des sédiments et une réflexion sur les différents ouvrages hydrauliques du secteur. « Ça serait un projet plus global des deux barrages », avance le maire.
Une réunion avec le Parc souhaitée
Reste à déterminer qui pourrait prendre en charge et financer une telle solution. « On travaille à l’idée de faire une structure juridique pour le prendre. Ça peut être un Département, ça peut être un privé », explique Jean Ecuyer. Une question qui rejoint directement celle soulevée par Martine Riallan : qui prendrait la responsabilité du barrage et en assurerait le fonctionnement si EDF s’en désengageait ?
Les défenseurs de l’ouvrage souhaitent désormais que la pause annoncée par la présidente du Parc débouche sur un débat technique. « On souhaiterait qu’on puisse mettre en place une réunion entre experts, le Parc, nous de notre côté, qu’on donne les éléments, qu’on discute », propose Jean Ecuyer. Il souhaite également qu’une rencontre puisse être ouverte au public.
Après avoir regretté pendant plusieurs mois le manque d’échanges avec le Parc, le maire perçoit aujourd’hui une évolution : « On sent qu’il y a une évolution, quand même. »























