Arc-et-Senans. La Saline royale veut devenir le temple de la culture

En construisant sa saison 2026 autour d’une exposition majeure et de plusieurs rendez-vous musicaux intergénérationnels, la Saline royale d’Arc-et-Senans poursuit sa mue entamée depuis quelques années afin de devenir un véritable temple de la culture sur le territoire.

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Saline Royale Arc-et-Senans
La Saline royale d'Arc-et-Senans, huitième au Monument préféré des Français 2024. Crédit : Anthony Soares.

L’année 2026 pourrait marquer un nouveau départ pour la Saline royale d’Arc-et-Senans. Elle sera d’abord celle d’un chapitre qui se referme : Lux Salina, vaste projet artistique lancé en 2016, qui a proposé pendant huit ans des spectacles saisonniers mêlant sons, images et lumières pour raconter l’histoire du monument. Un projet ambitieux, aussi par sa dimension humaine et participative, permettant à des artistes et associations locales de s’exprimer au cœur d’un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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En décembre 2025, la Saline présentait une rétrospective du projet avec l’exposition Lux Salina – La caravane des gens, retraçant huit années de spectacle et d’aventure humaine « ayant permis de renouer avec le territoire grâce à une immersion dans un monde d’images, de sons, de musiques et d’émotions ». Créée par Dominique Landucci, artiste plasticien et scénographe, l’exposition est visible jusqu’au 15 mars 2026.

Mystification, quand l’illusion mêle cinéma et architecture

La fin de Lux Salina ne marque pas un ralentissement de l’ambition du site. Avec Mystification – Architecture et cinéma, la quête de l’illusion, la Saline royale ouvre un nouveau chapitre. « Cette fois, nous avons conçu le projet nous-mêmes, sous l’œil du commissaire d’exposition Marc Benaïche, autour d’un sujet essentiel », explique Hubert Tassy, directeur de la Saline royale.

L’exposition s’inscrit dans une certaine nostalgie, inspirée notamment de Cités Cinés, présentée à La Villette en 1987. « Nous avons voulu retrouver cet esprit en y ajoutant la poésie et les technologies d’aujourd’hui », poursuit-il.

Déjà passé par la Saline avec Woodstock Spirit, Marc Benaïche développe ici un parcours immersif en cinq axes autour de l’illusion, croisant cinéma et architecture. Anamorphoses, trompe-l’œil et décors piégeant le spectateur y sont explorés, à travers des références comme Matrix ou Hunger Games. Une manière de brouiller les frontières entre réel et imaginaire, reflet d’une époque « où l’on ne sait plus ce qui est vrai ou non ». Pour Hubert Tassy, il s’agit d’une passerelle éducative et ludique. Inaugurée le 1er mai 2026, l’exposition sera visible jusqu’au 14 février 2027.

Gims et Sting pour un show royal

Dix ans après le concert de David Gilmour, la Saline royale renoue avec les grands shows au cœur de son demi-cercle. Les 25 et 26 juillet 2026, Gims et Sting se produiront devant 20 000 spectateurs par soirée.

Baptisé Saline Royale Live, l’événement a suscité des réactions mitigées en raison de la concomitance avec le Festival de la Paille. « Nous n’avions pas d’autre choix sur les dates, et une seule soirée n’était pas viable économiquement », justifie Hubert Tassy.

L’engouement est néanmoins au rendez-vous : plus de 18 000 billets ont déjà été vendus pour chaque date. Organisé avec Please Please, le programme associe concerts et premières parties. Le samedi, Ronisia et Linh ouvriront la soirée, suivies du DJ Ofenbach. Le dimanche, Sting sera accompagné d’Asaf Avidan, la première partie restant à dévoiler.

Avec 40 000 spectateurs attendus sur le week-end, la Saline pourrait accueillir en deux jours plus d’un quart de sa fréquentation annuelle 2025 (144 000 visiteurs). L’ensemble de la programmation 2026 est à retrouver sur salineroyale.com.