Jura. Invité de la rédaction : Patrick Mouchot

Il a pris la tête de la maison d’arrêt de Lons-le-Saunier le 1er septembre 2023. S’il n’avait qu’un objectif ? Permettre le retour du travail pour la population pénale.

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Quel est votre parcours ?

Je suis un produit de l’administration pénitentiaire. J’ai fait des études de biologie.

Les aléas de la vie ont fait que j’ai passé le concours après l’armée. Ce fut un hasard. Le 3 janvier 1995, je suis devenu surveillant et après l’école de l’administration pénitentiaire, j’ai débuté ma carrière à Villefranche-sur-Saône. Le métier m’a plu immédiatement. J’ai adoré l’esprit de corps, d’équipe, dans un établissement difficile.

L’encadrement du personnel m’intéressait. J’ai été nommé à Varennes-le-Grand en 2001 comme gradé de détention. J’ai été premier surveillant pendant huit ans, major pendant un an.

Le management ne s’apprend pas, il se vit au quotidien. J’ai toujours essayé de donner du sens à mon métier. J’ai réussi le concours d’officier en interne et j’ai été nommé lieutenant en 2010 au poste de responsable du centre de détention à la prison de Varennes-le-Grand. En 2014, j’ai rejoint la direction interrégionale de Dijon et je me suis penché pendant deux ans et demi sur la sécurité des établissements pénitentiaires. Après, les mutations se sont enchaînées. Adjoint à la maison d’arrêt de Vesoul en 2017. En 2018, retour à Dijon. En 2020, adjoint à la prison d’Auxerre et je viens de prendre mon premier poste de chef d’établissement à Lons-le-Saunier

Pourquoi Lons ?

C’était mesuré de ma part. J’ai souhaité devenir chef d’établissement. Je connaissais cet établissement. J’ai côtoyé un certain nombre de surveillants ici dans mon parcours.

L’administration pénitentiaire permet des parcours diversifiés et des métiers différents. Elle a permis cette promotion, ce qui veut dire beaucoup d’investissement, des prises de risque et des mutations.

Quel est votre rôle ?

Mon rôle essentiel est le management, donner la ligne de fonctionnement et permettre l’épanouissement de mes collaborateurs, dans le respect des règles dictées par le code pénitentiaire.

Je suis chargé de tous les sujets, mais certains dossiers comme le budget et des relations avec les partenaires ont été appris pour ma part lorsque j’étais adjoint au maire d’un petit village.

L’administration pénitentiaire assure des missions de sécurité publique, de réinsertion, tout en maintenant des conditions dignes au sein de nos établissements.

Quels sont vos objectifs ?

Si je n’en avais qu’un, ce serait de permettre le travail de la population pénale au sein de cet établissement. Un vrai challenge de marathonien ! Sept personnes sur soixante-sept travaillent, à la cuisine, l’entretien, la maintenance.

L’augmentation du travail ne peut se faire sans partenaire. L’intérêt est que le détenu se lève le matin, il a un petit salaire qui lui permet d’améliorer son ordinaire, indemniser les parties civiles… Et une personne détenue occupée, c’est plus de calme dans nos établissements.

Je suis disponible pour rencontrer les entreprises. Elles ont aussi des intérêts à travailler avec nous. Je viens de l’expliquer à l’occasion d’un webinaire organisé avec la Chambre de commerce et d’industrie. Une personne qui travaille a un salaire. Elle est rémunérée à hauteur de 45 % du Smic. L’entreprise est gagnante, je m’engage à lui trouver la population qui convient.

Je souhaite également que les surveillants deviennent des acteurs incontournables, que leur avis soit directement communiqué aux autorités judiciaires lors des commissions d’application des peines. Valoriser ce métier me semble indispensable, les personnels sont désormais de catégorie B et quelle société peut se passer de nous ?

Des problèmes particuliers ?

Nous sommes confrontés comme tous les établissements pénitentiaires aux projections extérieures de produits illicites et je compte lutter activement contre cela.