Les vacances ont ce pouvoir magique : elles vident les sacs, les bureaux… et surtout les routes. Du jour au lendemain, le trajet domicile-travail se transforme en promenade de santé. Plus de file interminable, plus de freinages nerveux, plus de conducteurs pressés comme des citrons un lundi matin. On se surprend même à arriver à l’heure, voire en avance — phénomène si rare qu’il mérite presque un signalement météo.
Sur le périphérique comme sur les départementales, un calme inhabituel s’installe. On redécouvre le plaisir de rouler sans jouer au Tetris entre camions, bus scolaires et automobilistes impatients. Certains conducteurs, déstabilisés par tant d’espace libre, lèvent même le pied, soupçonnant un radar caché derrière chaque buisson. Trop beau pour être vrai.
Aux feux rouges, on attend désormais seul, face à un carrefour désert, avec l’impression étrange d’avoir réservé la route rien que pour soi. Un luxe qui ne durera pas, évidemment. Dans quelques jours, tout ce petit monde reviendra, bronzé, reposé — ou fatigué d’avoir trop bougé — et reprendra sa place dans la chorégraphie quotidienne des bouchons.

























