Édito. Comme un mercredi : « Titre-caddie »

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pétition titres-restaurant

« T’as vu ? », me demande ma voisine.


« Qu’aurais-je dû voir ? », je réponds.

« L’union des métiers de l’hôtellerie-restauration a lancé une pétition pour défendre le titre-restaurant. Je te lis : « un acquis social essentiel, qui permet chaque jour à plusieurs millions de salariés, dépourvus de cantine d’entreprise ou de solution de restauration collective, de bénéficier d’un repas équilibré pendant leur journée de travail. En autorisant l’utilisation des titres-restaurant pour les courses alimentaires, y compris le dimanche, sans lien direct avec le repas du salarié, la réforme que vous préparez, madame la ministre, signe, sans le dire, l’arrêt de mort de ce dispositif avec la remise en cause inéluctable des avantages sociaux et fiscaux pour le salarié qui sont strictement encadrés par le Code du travail et l’Urssaf. » »

« Tu crois qu’ils sont si touchés que ça ? »

« Mais bien sûr, me répond ma voisine, ils disent que les titres-restaurant représentent entre 10 % et 20 % du chiffre d’affaires de leurs établissements, et jusqu’à 40 % dans certaines zones d’activité. Leur détournement au profit de la grande distribution aurait déjà causé plus d’un milliard d’euros de pertes pour le secteur depuis 2022. »

« Tu te rappelles qu’à la retraite, tu n’as pas de titres-restaurants ? »

« Oui, mais ils disent aussi qu’ils sont en colère car la transformation du titre-restaurant en simple « titre-caddie » menace des milliers d’emplois et accélère la fermeture de leurs établissements déjà fragilisés. Alors où est-ce qu’on va aller manger le vendredi soir si les restaurants ferment ? »