Le Jura est le département de Bourgogne-Franche-Comté où l’emploi salarié a le plus reculé au deuxième trimestre 2026. Selon la dernière note de conjoncture de l’Insee, les effectifs ont diminué de 0,7 % entre avril et juin, contre 0,3 % dans l’ensemble de la région. À la fin du trimestre, le département comptait 86 100 salariés. Sur un an, la baisse atteint même 1,7 %, soit plus du double du recul régional (-0,8 %).

Cette dégradation concerne l’ensemble de l’économie jurassienne. L’Insee constate en effet que tous les grands secteurs d’activité perdent des effectifs dans le département. À l’échelle régionale, la situation est particulièrement difficile dans la construction, où l’emploi diminue de 0,8 % sur le trimestre. L’industrie recule également de 0,3 %, tout comme les services marchands hors intérim. Seuls les services non marchands parviennent à maintenir leurs effectifs.
Autre indicateur de ce ralentissement : le recours à l’intérim. Après deux trimestres de progression, les effectifs intérimaires diminuent de 2,4 % dans la région. Le recul atteint même 6,9 % dans la construction et 7,5 % dans le commerce. Des chiffres régionaux qui illustrent les difficultés rencontrées par plusieurs secteurs, sans permettre de mesurer précisément leur ampleur dans le Jura.
Un chômage qui progresse également
Malgré cette baisse de l’emploi, le taux de chômage jurassien demeure inférieur aux moyennes régionale et nationale. Il s’établit à 6,1 % au deuxième trimestre, contre 7,4 % en Bourgogne-Franche-Comté et 8,3 % en France hors Mayotte. Toutefois, la tendance reste défavorable. Le chômage augmente de 0,1 point sur trois mois et de 0,5 point sur un an dans le département.
Cette évolution s’inscrit dans une dégradation plus générale du marché du travail. En Bourgogne-Franche-Comté, l’emploi salarié représente désormais 984 700 postes, soit une diminution de 0,8 % sur un an. Le secteur privé concentre l’essentiel des pertes, avec plus de 7 000 emplois supprimés en un an, tandis que l’emploi public se maintient.
La situation des entreprises constitue également un motif de vigilance. Entre avril et juin, près de 470 procédures collectives ont été ouvertes dans la région. Si leur nombre diminue de 10 % sur un an, les emplois concernés progressent fortement. Environ 1 860 salariés travaillent dans des entreprises faisant l’objet d’une procédure, soit une hausse de 29,7 %.
Des tensions sur la trésorerie
Enfin, les difficultés se manifestent aussi dans les finances des entreprises. Plus de 2 400 demandes de délais de paiement des cotisations Urssaf ont été déposées au deuxième trimestre, soit une augmentation de 8,3 % sur un an. Les montants demandés diminuent néanmoins de 4,5 %. Parallèlement, les demandes d’activité partielle progressent. Autant de signaux qui témoignent d’une conjoncture économique fragilisée, particulièrement visible dans les chiffres de l’emploi jurassien.
























