À Champvans, la transition énergétique ne date pas de l’arrivée des premiers panneaux solaires. Vendredi 2 octobre, la commune a pourtant franchi une nouvelle étape en inaugurant ses installations photovoltaïques. Des ombrières de la salle des fêtes au hangar communal, élus et partenaires ont parcouru les différents équipements d’un projet mûri pendant plusieurs années. Une continuité revendiquée par le maire Jean-Paul Mussot : « Après l’autonomie en production de chaleur, notre ambition est de viser une production d’électricité supérieure à celle que les Champvannais consomment. »
L’installation la plus importante se trouve sur le parking de la salle des fêtes. Ses 1 350 m² de panneaux développent une puissance de 313 kWc, pour une production estimée à 343 000 kWh par an. Une partie alimentera directement plusieurs bâtiments communaux. Environ 39 000 kWh doivent ainsi couvrir 49 % des besoins de la salle des fêtes, de la mairie, de l’école maternelle et des vestiaires du terrain de football.
Le reste sera revendu. La commune attend de ce dispositif une économie annuelle de 6 290 euros HT sur sa facture d’électricité et environ 24 500 euros de recettes grâce au surplus. Un modèle privilégiant désormais l’autoconsommation : « On préfère faire des économies de facture plutôt que de revendre la totalité sur le réseau », expliquait le technicien du SIDEC lors de la présentation. L’objectif est également d’amortir les effets d’une éventuelle hausse future des prix de l’électricité.
Une réflexion menée sur plusieurs années
Derrière ces nouveaux équipements se trouve une politique énergétique ancienne. « Nous n’avons pas attendu que la transition énergétique devienne une nécessité », a rappelé Dominique Michaud, ancien maire de Champvans. « Nous agissons depuis 39 ans sur ce sujet. » Après la biomasse et le réseau de chaleur, l’ancienne équipe municipale avait étudié plusieurs pistes pour produire de l’électricité. L’éolien a notamment été envisagé avant que la réflexion ne se concentre sur le photovoltaïque.
Plusieurs scénarios ont ensuite été examinés. « Simple à énoncer, mais pas si simple que ça à mettre en œuvre », résume Dominique Michaud à propos de l’ambition de produire davantage d’électricité que la commune n’en consomme. Au final, quatre sites ont été retenus : les ombrières, le logement de la Cure, l’accueil de loisirs et le hangar communal. Ensemble, ils représentent 1 798 m² de panneaux et 416,1 kWc de puissance installée.
Le SIDEC du Jura a accompagné la commune dans la conception et le suivi du projet, qui a dû évoluer avec les conditions économiques et réglementaires. « Prendre le temps de la réflexion, ça permet de ne pas faire n’importe quoi », a souligné son président Jean-Daniel Maire. Pour lui, l’aboutissement du chantier repose sur « une vraie équipe », réunissant la commune, les entreprises et les techniciens du syndicat.
Un hangar au cœur d’une expérimentation nationale
Le hangar communal illustre une autre facette du projet. Utilisé notamment pour stocker le bois déchiqueté alimentant le réseau de chaleur, il accueille désormais 336 m² de panneaux, soit 78 kWc. Sa production annuelle, estimée à 81 900 kWh, sera entièrement injectée sur le réseau.
Mais le bâtiment n’était jusqu’alors pas desservi par le réseau public d’électricité. Son raccordement a donc nécessité une extension d’une cinquantaine de mètres. Surtout, l’opération a intégré une expérimentation nationale issue d’un accord entre Enedis et la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR). Le SIDEC a pu assurer la maîtrise d’ouvrage de ces travaux par dérogation. Champvans fait ainsi partie d’une dizaine d’opérations réalisées à l’échelle nationale.
L’inauguration du 2 octobre ne marque donc pas la fin des projets solaires de Champvans. La commune travaille encore sur l’installation d’un parc photovoltaïque sur le site de l’ancienne décharge.


























