Faire de l’alimentation un besoin couvert dans une logique comparable à celle de la Sécurité sociale. C’est autour de ce principe qu’un collectif engagé depuis plusieurs années vient de franchir une nouvelle étape avec la création de l’association SSA Dole et Nord-Jura, ce samedi 19 septembre. Son siège a été installé à Orchamps, commune où la dynamique locale avait commencé à émerger dès 2022. Un choix également géographique, afin de couvrir à la fois le secteur dolois et le Nord-Jura.
Le mouvement dépasse largement ce territoire. Selon Marc Beaurepaire, porte-parole du collectif, une cinquantaine d’initiatives se réclamant de la Sécurité sociale de l’alimentation sont aujourd’hui expérimentées en France, dont sept en Bourgogne-Franche-Comté. Lons-le-Saunier, Besançon, Tournus, Belfort, Autun ou encore Cœur du Jura font partie des territoires cités. « On est vraiment dans un mouvement », souligne-t-il.
Cotiser selon ses moyens
Derrière le concept, le collectif défend un changement d’approche. « Aujourd’hui, on ne peut plus raisonner en termes d’uniquement aide alimentaire », estime Marc Beaurepaire. Le principe présenté repose sur une cotisation adaptée aux moyens de chacun, avec l’objectif de permettre en contrepartie de disposer d’un budget alimentaire répondant aux besoins. Le montant évoqué dans les expérimentations est d’au moins 150 euros mensuels par personne. « C’est vraiment une démarche de solidarité qui est derrière tout ça. »
Le dispositif ne vise toutefois pas à nier le rôle joué par l’aide alimentaire. Des représentants de ce secteur participent d’ailleurs aux démarches de SSA. Pour le collectif, l’enjeu est plutôt de considérer l’accès à l’alimentation comme universel. Les expérimentations locales doivent aussi permettre de tester concrètement les modalités financières et l’organisation d’un tel système avant une éventuelle généralisation nationale.
À l’échelle de Dole et du Nord-Jura, la récente assemblée générale a réuni 42 personnes et l’association compte désormais 33 adhérents. Parmi les participants figuraient notamment trois collectivités locales : Orchamps, Pagney et Rans, ainsi que deux associations souhaitant adhérer. Sur les 42 personnes présentes, 23 venaient du Grand Dole et 19 du Nord-Jura. Des chiffres qui confortent, pour le collectif, la volonté de travailler à l’échelle de ces deux territoires.
Vers une caisse locale ?
La création de l’association constitue surtout une étape. « L’objectif, c’est de créer une caisse locale », explique Marc Beaurepaire. Celle-ci aurait vocation à réunir habitants, producteurs, transformateurs et distributeurs locaux autour d’un système de conventionnement. Le collectif souhaite ainsi favoriser une alimentation qu’il qualifie de saine et de qualité, tout en soutenant la production paysanne locale et une rémunération correcte des producteurs.
Les critères pourraient être définis localement. Le collectif ne souhaite ainsi pas limiter la démarche aux seules productions biologiques. « Ce qui nous intéresse, c’est de soutenir les paysannes et les paysans locaux », résume le porte-parole. À terme, l’association assume même une durée de vie limitée : si un dispositif national de Sécurité sociale de l’alimentation venait à être créé, elle n’aurait, selon ses fondateurs, plus vocation à exister. Une manière d’inscrire dès sa naissance l’initiative locale dans un projet plus large.

























