Izernore. Fouilles du chemin des Trablettes : ce tourneur sur bois présentera ses reproductions au musée archéologique

Izernore dévoile ses trésors archéologiques grâce aux fouilles du chemin des Trablettes et au travail d’un tourneur sur bois.

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Christophe Picod
Christophe Picod travaille l'os et le bois dans son atelier de Sarrogna.

Izernore est un trésor archéologique pour tous les chercheurs étudiant l’époque gallo-romaine. Depuis 2020, une équipe de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) a mis en évidence, au niveau du chemin des Trablettes, un quartier de l’agglomération antique d’Isarnodurum. Des fouilles, réalisées dans quatre puits, ont révélé un ensemble rare de vestiges, notamment en bois, conservés grâce au milieu aquatique dépourvu de lumière et d’oxygène.

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“C’est une chance de les avoir retrouvés en bon état, car le bois se conserve très mal, explique Christophe Picod. Quand on les a sortis, le bois était mou comme de la margarine tiède. Il a fallu les stabiliser avec de la résine et, depuis, ils sont gardés dans un environnement hermétique à l’Inrap de Lyon.” C’est pour cette raison que le tourneur sur bois a été sollicité par le musée archéologique d’Izernore : les vestiges ont été retrouvés, mais pour les mettre en avant auprès du public, la construction de reproductions fidèles aux originaux était nécessaire.

Prototype de semelle en bois et rondelle décorative liés aux fouilles chemin Trablettes Izernore.

Un travail reconnu internationalement

Christophe Picod n’a pourtant pas fait sa carrière dans le travail du bois. L’éducateur spécialisé à la retraite a hérité du savoir-faire de son père, tourneur sur bois à Arinthod, et a souhaité développer cette passion, dans une visée scientifique. Membre de l’association Mêta Jura, le chercheur amateur a publié plus de 40 articles dans différentes revues scientifiques.

Il est surtout reconnu internationalement pour son travail en tournage sur os : certains de ses objets sont exposés à l’université Johns-Hopkins de Baltimore. “Quand je vois un truc sympa dans des livres d’Histoire, je cherche à le reproduire. Je me fournis en os brut en abattoir, puis je débite, je scie, je tourne”, explique l’homme de 73 ans. Dans son atelier de Sarrogna, il a déjà réalisé des reproductions pour une quinzaine de musées nationaux, notamment le musée du jouet à Moirans-en-Montagne ou le musée de Lons-le-Saunier.

Tour à archet utilisé par Christophe Picod pour le travail sur bois.

Entre artisanat et recherche

Pour l’exposition « Puits de Savoirs : 240 ans de fouilles à Izernore », Christophe Picod a travaillé sur près d’une dizaine d’objets : une rondelle décorative et cinq plaquettes à différentes étapes de production d’un peigne en buis (exposition au musée du peigne d’Oyonnax prévue à partir d’avril), ainsi que deux chaussures d’enfants en érable. “Ce travail de reproduction est interdisciplinaire entre l’artisanat et la recherche. Par exemple, pour les chaussures d’enfants, elles ont été retrouvées avec la semelle fendue : la première hypothèse des chercheurs était un apport de souplesse. Or, je me suis rendu compte en les reproduisant que c’était simplement pour fixer le cuir.”

Ensemble des objets construits par Christophe Picod exposés au musée archéologique d’Izernore.

Pour construire les pièces, Christophe Picod a collaboré avec Blandine Lecomte-Schmitt, xylologue à l’Inrap. “C’était une chance, car elle me faisait la côte des objets au dixième de millimètre près. Je suis allé voir les originaux à Lyon et la ressemblance est impressionnante.” Tous ces objets sont exposés depuis octobre au musée archéologique d’Izernore, avec notamment une paire de chaussures qui peut être essayée par les enfants. La conférence, gratuite, reviendra sur l’ensemble du processus de recherche, en présence de Christophe Picod et d’un archéologue de l’Inrap.