L’alcool reste la première cause de recours aux structures spécialisées dans le Jura. Mais les professionnels constatent une évolution des profils et des demandes, avec une montée des addictions sans substance et des situations de plus en plus complexes. À l’occasion d’une rencontre organisée le 19 février à Lons-le-Saunier par l’association Mêta Jura, un point sera également fait sur l’accompagnement proposé par l’association la Demi-Lune.

Concept Paysage du revermont

L’alcool toujours en tête des prises en charge

« L’alcool reste le premier motif de recours à nos services », explique Fabien Malaval, le directeur du CSAPA (Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) local. Derrière, la consommation de cocaïne progresse, tandis que le cannabis reste également très présent dans les situations suivies.

Les professionnels observent aussi une augmentation des demandes liées aux addictions sans substance : « On nous sollicite de plus en plus pour des problématiques liées à la nourriture, aux écrans ou encore aux jeux en ligne ».

Selon lui, le changement majeur concerne surtout la complexité des situations, « On est passé de profils mono-usages à des profils beaucoup plus complexes, avec souvent des comorbidités associées ». Les chiffres nationaux rappellent l’ampleur du phénomène. « Le tabac reste le premier tueur en France, avec 75 000 morts par an. L’alcool en représente entre 45 000 et 49 000 ».

Une hausse des personnes accompagnées

Si l’augmentation globale des addictions est difficile à mesurer, les structures constatent en revanche une hausse des sollicitations. « Je ne sais pas s’il y a plus de personnes souffrant d’addictions, mais en tout cas, on voit de plus en plus de gens qui sollicitent nos services », souligne-t-il.

Son centre a ainsi accompagné 869 personnes en 2024, contre 1 070 en 2025. « Nous rayonnons sur toute la partie centrale du département », précise-t-il. Lors de la rencontre organisée le 19 février par Mêta Jura à Lons-le-Saunier, l’objectif sera aussi de présenter l’association la Demi-Lune, récemment rebaptisée.

Créée en 1972 par le docteur Pierre Benichou, l’association s’adressait initialement aux personnes souffrant d’alcoolodépendance. « Très vite, l’idée a été non seulement d’aider les personnes à s’éloigner de la substance, mais aussi de favoriser leur insertion sociale, notamment par l’emploi ».

Au fil des années, d’autres outils se sont ajoutés, dont le CSAPA, structure ambulatoire dirigée aujourd’hui par l’intervenant. « Les personnes ayant des troubles de l’usage, qu’ils soient liés aux comportements ou aux substances, peuvent venir prendre rendez-vous. Les soins sont gratuits et confidentiels ».