
Dès le milieu de la matinée, l’avenue de la République bruisse d’une activité tranquille mais continue. Les panneaux « -30 % », « -50 % » et « Soldes » ponctuent les vitrines, comme un fil rouge guidant les passants d’une boutique à l’autre. Dans les magasins, quelques clients arpentent les rayons, observent, comparent, discutent.
« On essaie de faire marcher les boutiques du centre-ville », confie Martine, venue faire un tour avec son mari. Pour elle, le choix est évident : « Ici, au moins, on est bien conseillé. C’est quand même plus agréable que les grandes surfaces. » Gérard acquiesce : « On vient même quand ce ne sont pas les soldes. On cherche de la qualité, pas seulement des prix cassés. »
Une clientèle fidèle, soldes ou pas
Chez les commerçants, le constat est largement partagé. Les soldes n’inversent pas vraiment la sociologie de la clientèle. « J’ai toujours du monde tout au long de l’année, donc les soldes ne changent pas grand-chose », observe Bernard, à la boutique Antoine, spécialisée dans l’habillement masculin.
Même tonalité chez Céline, de Chic & Charme : « Il y a bien quelques clients qui viennent spécialement pour les soldes, mais la plupart sont des habituées. Elles ont repéré des articles pendant l’année et reviennent quand les prix baissent. »
C’est chez Nadine, à la boutique Adéquat, que cette logique est la plus assumée. Ici, pas de vieux stocks écoulés à prix bradés : « Ce sont des modèles de la saison qui sont soldés. Les clientes savent qu’elles font de vraies bonnes affaires », explique la gérante. Elle applique une stratégie progressive, débutant directement à -40 %, puis -50 %.
Mais la commerçante émet une réserve sur le calendrier national : « À mon sens, les soldes devraient commencer vers la mi-février. Là, c’est trop tôt. Les gens sortent à peine des fêtes. » Une remarque qui reflète un malaise partagé par une partie du commerce indépendant, pris entre la pression des grandes enseignes et un rythme de consommation de plus en plus accéléré.
Un démarrage correct, mais un contexte compliqué
Si le démarrage est jugé plutôt bon, le contraste avec un mois de décembre très dynamique est frappant. « Les soldes marchent, mais après un mois de décembre aussi fort, les chiffres paraissent forcément plus modestes », note Stéphanie, chez Barel.
À cela s’ajoutent les aléas climatiques. « Entre le verglas et la neige, beaucoup de gens hésitent à se déplacer », rappelle Céline, malgré un premier bilan qu’elle juge satisfaisant.






















