Jeudi 8 janvier, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) du Jura se sont rassemblés devant la Direction départementale des territoires (DDT), à Lons-le-Saunier, pour dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur.
Les agriculteurs redoutent une concurrence qu’ils jugent déloyale. Selon eux, cet accord permettrait l’importation de produits agricoles cultivés ou élevés sans respecter les normes sanitaires, environnementales et sociales imposées aux exploitations françaises.
« On nous impose des règles très strictes, pendant que des produits importés ne les respecteraient pas », explique Cédric Bongain, vice-président de la FDSEA du Jura.
Si les députés européens français sont majoritairement opposés à cet accord, les agriculteurs doutent de leur capacité à en empêcher la signature, après plus de 25 ans de négociations.
« La France a perdu de sa souveraineté au sein de l’Union européenne », estime Julien Gaillard, membre du bureau de la FDSEA.
La mobilisation a aussi permis d’aborder la question des zones de vulnérabilité liées à la qualité de l’eau. Dans le Jura, la rivière Orain pourrait être reclassée à cause d’un léger dépassement du seuil en nitrates sur une analyse.
« Pour un point de dépassement, près de 200 exploitations devraient investir environ 100 000 euros, alors que la moyenne annuelle reste très basse », déplore Cédric Bongain.
Loup et origine des produits : des inquiétudes sur le terrain
Autre sujet de préoccupation : la présence du loup, revenu dans le Jura depuis une dizaine d’années. Si les attaques concernent principalement le Haut-Jura et la Petite Montagne, les agriculteurs craignent une extension vers les plaines.
« Le nombre d’attaques ne cesse d’augmenter », alerte Xavier Pagnier, vice-président des JA du Jura. Dans certains secteurs, les exploitations ovines, de petite taille, ne peuvent pas investir dans des moyens de protection coûteux, compliquant ensuite les indemnisations.
À Mijoux, une exploitation bovine accueillant aussi des animaux en pension envisage d’arrêter cette activité à la suite d’attaques répétées.
« Nous demandons au moins des prélèvements pour réguler la population », souligne Xavier Pagnier.
Pendant que certains représentants échangeaient avec la DDT et l’Office français de la biodiversité (OFB), d’autres agriculteurs se sont rendus dans plusieurs grandes surfaces de Lons-le-Saunier. Ils y ont vérifié la provenance des produits et apposé des étiquettes sur ceux ne provenant pas de France, notamment parmi les produits laitiers et transformés.
Cette mobilisation intervient après la lettre ouverte du Premier ministre, Sébastien Lecornu, publiée en début de semaine. Les agriculteurs souhaitent désormais obtenir des réponses concrètes et ne pas en rester aux seules annonces. Plusieurs demandes d’information ont été adressées à la Chambre d’agriculture du Jura, mais il n’a pas été possible d’obtenir de réponse avant la publication de cet article.
























