Dole. Dolywood, une histoire de cinéma entre amis

Ils bricolent des films comme d’autres montent des groupes de rock. Depuis plus de dix ans, l’association Dolywood fabrique des courts-métrages de fiction, entre système D, amitié et amour du cinéma. Rencontre avec son président, Théo Grandmaison.

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Cinéma amateur Dole
Dolywood reste avant tout, une association d'amis qui s'amuse avec une passion commune : le cinéma.

Des tournages express, des week-ends épuisants, des idées parfois absurdes et une envie intacte de raconter des histoires. À Dole et dans le département, l’association Dolywood s’est imposée comme un collectif de cinéastes amateurs passionnés. Fondée par une bande de lycéens devenus adultes, elle continue de défendre un cinéma local, bénévole et créatif.

Une aventure née entre amis et caméras

Dolywood n’est pas née dans une salle de réunion, mais dans des chambres d’ados et sur YouTube. « Au lycée, j’étais déjà passionné personnellement par tout ce qui était vidéo, faire des petits films dans son coin », se souvient Théo Grandmaison, aujourd’hui président de l’association. À l’époque, plusieurs groupes de jeunes vidéastes se croisent au lycée Nodier, à Dole. L’idée germe vite : mutualiser le matériel, les idées, les envies.

La Percée Du Vin Jaune

Un premier collectif voit le jour en 2013. L’année suivante, Dolywood devient officiellement une association. « On s’est dit, autant fusionner tous nos groupes en une association, et c’est comme ça que Dolywood, en 2014, devient une association. » Plus de dix ans plus tard, Théo Grandmaison en est toujours l’un des piliers. « En 2020, je me suis senti prêt de prendre la tête de l’asso. »

Aujourd’hui, Dolywood rassemble une quinzaine de membres, tous bénévoles, dispersés aux quatre coins de la France, études ou travail l’exigent. Un noyau dur subsiste, fidèle, malgré les années et les contraintes de la vie adulte.

Tourner local, bricoler sérieux

Courts-métrages de fiction, sessions kinos de 48 heures, pour faire de A à Z, mini-kinos d’une journée : la production est volontairement souple. « Quand je suis devenu président, je voulais faire moins de quantité […] et se concentrer sur la qualité. » Chaque projet naît d’une envie individuelle, portée par le collectif.

Les décors, eux, sont puisés dans l’intime. « Tout Dole est inspirant, parce qu’encore une fois, on vient tous d’ici, c’est vraiment les décors de notre enfance. » Campagnes du Val-d’Amour, rues doloises, librairies ou forêts jurassiennes : le territoire devient un terrain de jeu cinématographique.

Avec des budgets réduits, l’inventivité est une nécessité. « On est une asso amateur. Donc, on ne peut pas faire des films à gros budget. Et ce qui est bien aussi, parce que ça nous force à être créatif. » En moyenne, un court-métrage coûte quelques centaines d’euros.

Mais l’énergie collective reste intacte. « On est là entre potes et on s’amuse. » Une philosophie qui porte ses fruits : certains films sont diffusés en festivals, projetés sur grand écran, parfois récompensés. Une reconnaissance précieuse. « Faire un film, qu’on le diffuse sur le grand écran, mais surtout devant un public, c’est là que ça prend sens. »