Bourgogne-Franche-Comté. L’activité dans l’automobile a encore ralenti

C’est ce que montre une étude de l’Insee sur les dix premiers mois de 2025. Le niveau des immatriculations de véhicules est bas et le climat des affaires demeure morose dans le secteur en Bourgogne/Franche-Comté.

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Industrie automobile Bourgogne-Franche-Comté

Sur les dix premiers mois de l’année 2025, l’activité dans l’industrie automobile en Bourgogne-Franche-Comté, mesurée par les heures rémunérées, recule de 3 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette évolution s’inscrit dans un climat des affaires de l’industrie automobile national en baisse, en deçà de sa moyenne de longue période.

Les ventes de voitures neuves en France devraient s’établir entre 1,6 et 1,7 million de véhicules sur l’année, soit 300 000 à 400 000 de moins qu’en 2019. Deux raisons expliquent cette situation. Tout d’abord, l’augmentation du prix des voitures neuves (+40 % sur six ans) freine le renouvellement du parc. Par ailleurs, en raison des incertitudes sur la réglementation et les aides publiques encadré, les consommateurs sont plus attentistes et diffèrent plus souvent le remplacement de leur véhicule thermique.

La Percée Du Vin Jaune

Cependant, les voitures 100 % électriques confirment leur percée. Depuis le mois d’août, elles dépassent les 20 % de part de marché dans le neuf et représentent une vente sur quatre au mois de novembre. Ce niveau mensuel inédit est attribué, d’une part, au succès de la location avec option d’achat pour les ménages modestes, soutenue par des aides publiques, et, d’autre part, à l’obligation pour les entreprises d’intégrer au moins 20 % de voitures 100 % électriques dans leurs flottes.

Les effectifs diminuent

Fin juin 2025, un peu plus de 36 400 salariés travaillent dans l’un des 362 établissements de la filière automobile en Bourgogne-Franche-Comté. Sur un an, l’emploi salarié diminue de 5 %. Tous les segments sont en baisse, en particulier celui de l’ingénierie (- 15,9 %). La construction automobile et la fabrication d’équipements automobiles, deux segments principaux en termes d’emplois, subissent de lourdes pertes d’effectifs avec respectivement – 5,7 % et – 5,2 %. Seul le commerce intra-filière reste stable.

À cet emploi permanent, s’ajoutent 5 150 emplois intérimaires. Leur nombre diminue légèrement sur l’ensemble de la filière. Le rebond (+ 23,9 %) dans la construction automobile ne compense pas les reculs de 9,6 % dans la fabrication d’équipements automobiles et de 12,6 % dans la fabrication de biens intermédiaires.

Le recul de l’activité dans l’industrie automobile peut expliquer pour partie cette baisse d’emploi. Les résultats économiques de 2024 peuvent également y contribuer. Sur le champ des près de 200 petites et moyennes entreprises régionales de la filière, les chiffres d’affaires et les taux de marge brute d’exploitation baissent respectivement de 8,9 % et 5,0 % entre 2023 et 2024.

Les établissements de la filière ont embauché 1 700 salariés au cours du premier semestre 2025, soit 14,4 % de moins que lors de la même période en 2024, déjà à un niveau bas. Le recrutement durable s’affaiblit au profit de contrats plus précaires dont les durées s’allongent. Lors de l’embauche, la proportion de salariés bénéficiant d’un contrat à durée indéterminée (CDI), à 67 %, marque un retrait de deux points comparée à l’année précédente. Cette part de CDI reste cependant supérieure à celle de l’industrie régionale (50 %). Parmi les trois secteurs de la filière qui recrutent le plus, les conditions d’embauches sont plus favorables. La part de CDI atteint 95 % dans la construction automobile. Dans la fabrication d’équipements automobiles, cette part tombe à 64 % et pour la fabrication de biens intermédiaires à un peu plus de 50 %. Parallèlement, les offres d’emploi déposées à France Travail diminuent.

Dans le même temps, 2 500 salariés ont quitté la filière automobile, soit 4,8 % de plus qu’en 2024. Pour 85 %, ces départs sont des ruptures de contrat de travail, avec la démission comme principal motif dans trois cas sur dix. Toutefois, ce choix à l’initiative du salarié est en recul de neuf points par rapport à la période 2022-2024. À l’inverse, les ruptures pour licenciements progressent pour atteindre un peu moins de 500 au premier semestre 2025.