Jura. Un sursis pour la ligne des Hirondelles mais pas encore la sauvegarde

La ligne des Hirondelles a gagné un répit, mais reste menacée. La Région Bourgogne–Franche-Comté a voté 12,2 millions d’euros sur trois ans pour des travaux urgents entre Andelot et Saint-Claude. Un geste salué, mais jugé insuffisant par Kévin Taboada, président de la Fnaut Arc Jurassien.

0
1156
Ligne des Hirondelles Haut-Jura
La ligne des Hirondelles a obtenu un sursis, mais sa sauvegarde n'est pas encore acquise.

La ligne des Hirondelles a gagné un sursis, mais pas encore sa survie. En votant 12,2 millions d’euros sur trois ans, la Région Bourgogne-Franche-Comté vient offrir un répit aux usagers des 73 kilomètres de la ligne. Mais « la ligne des Hirondelles n’est pas encore sauvée, prévient Kevin Taboada, président de la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut) Arc Jurassien. Il y a un mur d’investissement. C’est un sursis de courte durée, mais il faudra bien plus d’argent pour sauver définitivement la ligne. »

Le département présent salon de l'agriculture 2026

Des infrastructures centenaires et fragiles

Sur ses 73 kilomètres, la ligne traverse vallées et reliefs accidentés, entre viaducs, tunnels et ouvrages d’art. Mais le patrimoine technique se dégrade. « Les 12 millions vont servir en partie au confortement de deux tunnels qui sont dans un état critique selon SNCF Réseau », explique-t-il.

Les composants de la voie sont vieillissants. « En gare de Morez, on a des traverses qui ont plus de cent ans. Ça fait plus d’un siècle qu’on n’a pas remplacé la voie, précise-t-il. C’est comme sur une route : si on ne refait pas le revêtement, le goudron s’abîme. Dans le ferroviaire, c’est pareil. Dès que les composants de la voie sont vieillissants, on abaisse la vitesse, et à force, un train ne peut plus circuler. »

Le tunnel de la Savine, long de plus de deux kilomètres, reste l’un des points les plus critiques. « C’est en partie ce tunnel-là qui pose problème aujourd’hui pour le maintien de la ligne », ajoute Kevin.

Un service public essentiel

La ligne n’est pas seulement touristique : elle relie les habitants aux services essentiels, à l’éducation et à l’emploi. « Si on ferme la ligne dans trois ans, on enclave encore plus le Haut-Jura, qui est déjà très compliqué en termes de services publics, avertit ce dernier. Déjà pour aller se soigner, il faut plutôt aller à Lons ou à Oyonnax, parce qu’on a fermé des services à l’hôpital de Saint-Claude. C’est un service public essentiel pour aller dans les grandes villes, pour la santé, l’éducation ou les études. »

Mais l’offre actuelle reste limitée. « Aujourd’hui, par exemple, vous voulez partir de Saint-Claude ou de Morez, vous n’avez pas de train entre 9 h et 10 h et 17 h. Ce ne sont pas forcément des horaires adaptés à tous. » Pour la Fnaut, il est possible d’harmoniser les horaires à court terme. « On ne dit pas de le faire aujourd’hui, mais dans un horizon d’un à deux ans, on peut largement harmoniser les horaires avec les trains qu’on a. »

Mobilisation et responsabilités

Reste la question des financements. « La Région a fait un premier pas, mais maintenant il faut que l’État prenne ses responsabilités, rappelle Kevin Taboada. Ce n’est pas à elle de tout assumer, parce que c’est l’État qui est propriétaire des infrastructures. »

Pour sensibiliser élus et usagers, des rassemblements se sont déroulés ce samedi 18 octobre en gare de Saint-Claude et Champagnole. « Nous maintenons la mobilisation parce qu’il ne faut pas lâcher prise. On a gagné une bataille, mais la bataille n’est pas encore finie. C’est une petite victoire », conclut le président de la Fnaut.