14 ans à travailler en tant qu’auxiliaire de vie sociale, à Voiteur, dans le Jura. Puis, de nuit, à l’Ehpad de Salins-les-Bains ou à Équevillon. Isabelle Simeray en a connu des personnes à aider, des toilettes, des urgences, des repas à donner.
Après toute cette expérience, la nouvelle habitante de Saint-Usuge, depuis décembre 2023, a voulu créer un mode d’accompagnement différent, dans son ancienne ferme aux accents bressans. “Mon projet a vraiment débuté l’année dernière, en me renseignant auprès du CDAD (Conseil départemental de l’accès au droit) sur les normes nécessaires à l’accueil. La chambre de 18 m2 était dans les clous, donc j’ai appelé le département, et j’ai reçu le premier agrément le 20 août 2025.”

Un lieu rural et généreux
Un accueil de nuit est proposé dans la chambre, et deux personnes supplémentaires peuvent être accueillies la journée. Mais, sur la fin d’année dernière, aucune personne n’a pu être admise, en raison de la longueur des démarches de l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie).
Alors Isabelle a décidé d’étendre son accueil, plus seulement aux troubles cognitifs, mais à toutes les personnes dépendantes, en comptant les handicapés moteurs. Elle a reçu un nouvel agrément le 9 février dernier. “Depuis, le téléphone n’arrête pas de sonner. Une jeune de 18 ans devrait venir en accueil de jour, du lundi au vendredi. Ses parents ne veulent pas la mettre en foyer et ils sont en accord avec le côté campagnard de ma démarche. On est dans l’attente de la construction du dossier MDPH (Maison départementale des personnes handicapées).”
Car la Maison du Répit se veut être un lieu rural, inscrit dans la nature, qui met en avant la générosité dans l’accompagnement. “La cuisine est familiale et campagnarde. Je ne vais pas compter le nombre de saucisses que je donne, et je peux prendre plus de 20 minutes pour la toilette. J’ai construit ce projet comme un acte de résistance par rapport à tout ce que j’ai pu voir en Ehpad.”
Isabelle Simeray met aussi en avant son terrain, de plus de 600 m2 clôturés, dans lequel elle souhaite installer des poules et un jardin à hauteur d’homme. “On pourra aller ramasser des œufs avec les personnes qui le peuvent. J’ai prévu de la gym douce, des jeux de société, et j’ai des chiens très gentils qui peuvent créer du lien.”

Une première personne accueillie
Isabelle accueillera une première personne le 10 avril, pour une dizaine de jours consécutifs. “C’est une aidante de sa maman, qui voudrait souffler un coup, exactement ce que mon projet permet. Son lit médicalisé va être transféré ici, et les infirmières de Saint-Germain-du-Bois pourront continuer à venir faire ses piqûres”, explique l’auxiliaire de vie sociale.
Le tarif d’accueil de jour, entre 10 h et 17 h, est de 60 euros nets. Les aides MDPH et APA peuvent en prendre une bonne partie.
Si Isabelle ne vit pas encore de son projet, elle compte bien tout mettre en œuvre pour faire connaître sa Maison du Répit, afin que son “acte de résistance” ne reste pas vain et que son projet innovant en inspire d’autres.


























